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© Bruno Perroud


Alexis Michalik
«Le Porteur d’histoire» et «Le Cercle des illusionnistes»
Pour la première fois, la Comédie des Champs-Élysées accueillera dans ses deux salles les créations d'un même auteur. Retour sur l'histoire de ces deux spectacles dont Alexis Michalik a également assuré la mise en scène.
Comment expliquez-vous le succès de vos spectacles ?
J'essaie de faire un théâtre populaire exigeant, qui ne soit ni ennuyeux ni abêtissant. Je crois que le public a un grand besoin qu'on lui raconte de belles histoires. Il ne veut plus de pièces simplistes et linéaires. Comme je suis par ailleurs un grand amateur de séries, j'aime utiliser certains procédés cinématographiques. J'essaie, avec une économie de moyens, de donner un côté «grand spectacle» à mes créations.

Comment vous est venue l'idée du "Porteur" ?
En me promenant dans un cimetière ! Que se passerait-il si on trouvait, dans un cercueil, des livres écrits par une jeune femme du XIXe siècle ? L'histoire a mûri pendant un an jusqu'à ce que Benjamin Bellecour me propose de faire une capsule pour son festival de théâtre. Ce fut le début de l'aventure. Le spectacle fut créé à partir de rien. On s'est retrouvé au Studio des Champs-Élysées en février 2013 et nous y sommes toujours. Le spectacle est joué par plusieurs équipes en alternance, à Paris, en province et à l'étranger. Comme je suis un passionné d'Histoire, ce spectacle me permettait de poser une question essentielle : qu'est-ce qui est réel et qu'est-ce qui est fiction ? Dans toute fiction, il y a des faits réels et dans tout événement historique, il y a une part de fiction. Quand on se pose la question de savoir quelle est notre identité, on se rend compte qu'elle est composée de notre Histoire, qui est elle-même une fiction.

Et l'idée du "Cercle" ?
En lisant ! J'ai découvert une anecdote sur Robert-Houdin, magicien du XIXe siècle, et je me suis intéressé à sa vie. Je me suis rendu compte qu'elle n'était pas éloignée de celle de Georges Méliès : ils furent tous les deux propriétaires du même théâtre et je me suis intéressé à l'histoire du lieu. La pièce parle aussi de magie, d'illusion et de la manière dont ils ont donné naissance au cinéma. Ce spectacle est également l'occasion de parler de la décision de devenir artiste. Ces deux hommes étaient issus d'une famille d'horlogers et de cordonniers. Ils ont fait ce choix de vie particulier sur le tard. Une manière de dire qu'il n'y a pas d'âge pour vivre ses rêves.

Comment concevez-vous cette existence terrestre ?
J'ai une conception épicurienne de la vie. Je viens d'une famille assez modeste qui m'a inculqué une ouverture d'esprit. Je me suis fait moi-même, je ne suis pas l'héritier d'une tradition. J'ai grandi dans un quartier populaire de Paris, ma mère est britannique. Des auteurs passent leur vie à se raconter. Comme je trouve ma vie saine et équilibrée, je raconte d'autres histoires que les miennes. J'aime être au sein d'une troupe et le capitaine du navire, celui qui dit : «Suivez-moi, nous allons faire un beau voyage».
Interview par Alain Bugnard
Paru le 19/10/2015

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