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Philippe Person
© Bruno Perroud


L’École d’art dramatique du Lucernaire et Le Foyer
Deux nouveaux cours de théâtre ont récemment vu le jour à Paris, celui du Lucernaire, sous l'impulsion de son ancien directeur, Philippe Person, et «Le Foyer» au Trévise, à l'initiative d'Alex Blind, Jean-Laurent Silvi et Arnaud Denis. Leurs instigateurs nous expliquent leurs motivations.

École du Lucernaire
Philippe Person

Le Lucernaire abrite désormais une école de théâtre. Est-ce pour vous consacrer à ce projet que vous avez récemment quitté la direction du lieu ?
Oui, exactement ! Après 6 ans passés à la direction, j'ai eu envie d'une nouvelle aventure avec Le Lucernaire. J'étais en plein paradoxe : je voulais quitter mon poste mais rester dans les lieux ! Quand j'ai parlé de ce projet d'école aux éditions de L'Harmattan, qui en sont les propriétaires, ils m'ont tout de suite donné leur accord. Ils ont ensuite décidé de confier la direction du théâtre à Benoît Lavigne.

Comment peut-on intégrer votre école ?
En passant une audition et un entretien. J'ai besoin de me rendre compte que mes futurs élèves sont réellement motivés, que leur envie de faire du théâtre transpire par tous les pores de leur peau. Je veux que, pendant ou en fin de formation, ils soient convaincus que ce métier est fait pour eux. Si certains arrêtent en cours de route, l'école aura servi à leur faire prendre conscience que le théâtre n'est pas leur voie.

En quoi se distingue-t-elle des autres ?
En plus d'une formation, que je souhaite la plus complète possible, je veux leur donner les armes pour trouver du travail. Nous multiplierons les rencontres avec les professionnels de tout horizon (réalisateurs radiophoniques, directeurs de casting et de plateau synchro...). Il faut les faire toucher à tout. Les cours d'interprétation resteront, bien sûr, les piliers de la formation et ils ont lieu dans un vrai théâtre, où passent plus de 50 compagnies professionnelles par an.

Vous présentez au Lucernaire une nouvelle adaptation du "Journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau. Quelle vision en proposez-vous ?
Ce texte fait partie de ceux que j'ai "en moi" depuis longtemps. Mais je ne voulais pas en faire, comme c'est souvent le cas, un monologue. Dans cette adaptation de Philippe Honoré, qui adapte tous les spectacles de ma compagnie, nous découvrons Célestine chez ses patrons, ses maîtres. J'ai placé l'histoire au milieu des années 1970, quand fleurissait encore tout "une petite bourgeoisie" étriquée et conservatrice. J'ai imaginé que Célestine venait de publier son journal, ses mémoires et qu'elle répondait à une interview. Au fur et à mesure de son récit, les personnages surgissent sur scène. Il y aura des archives politiques et radiophoniques de ces années-là.

Ecole «Le Foyer»
Arnaud Denis

Pour quelles raisons avez-vous choisi, avec Alex Blind et Jean-Laurent Silvi, de créer Le Foyer ?
Dans le foisonnement de propositions qui existent à Paris, nous avons voulu apporter notre pierre à l'édifice et marquer une réelle différence. L'accent est mis sur le fait que l'enseignement est dispensé par des comédiens qui exercent régulièrement le métier. Trop souvent, nous avons remarqué que l'enseignement du théâtre est dispensé par des gens qui ne l'exercent pas. Parfois même, certains élèves deviennent enseignants dès la sortie d'une école, sans pouvoir justifier d'un réel vécu sur scène, ce qui est une aberration. Nous sommes mus par un réel désir d'accompagner les élèves dans leur évolution, en leur donnant confiance, sans jamais être dans une quelconque forme de jugement. Un comédien qui débute n'est pas génial ou nul, il est tout simplement fragile. Nous sommes aussi metteurs en scène. Trop souvent le corps est négligé dans la formation de l'acteur au profit de la simple diction. Nous souhaitons corriger ce déséquilibre. Enfin nous avons voulu créer cette école pour nouer des liens permanents entre les élèves et les professionnels. C'est pourquoi, nous avons instauré le principe des Masterclass. Régulièrement de grands acteurs sont invités pour faire travailler les élèves en public. Il n'y a pas de dogme, de parole unique. Ceci les prépare aux multiples langages qu'ils auront à prendre en compte avec les différents metteurs en scène qui les dirigeront. Depuis l'ouverture en janvier dernier, nous avons eu l'immense honneur de recevoir Claude Aufaure, Jean-Claude Dreyfus, Marcel Philippot, Nicolas Briançon, Patrice Kerbrat, Hans Peter Cloos. La saison prochaine, nous pouvons annoncer Michel Fau, Francis Perrin ou encore Béatrice Agenin. Nous organisons tous les trois mois des thématiques spécifiques sur un auteur ou sur un sujet particulier (les scènes de cinéma, le théâtre de l'absurde, Molière et la comédie classique, etc.).

Comment peut-on intégrer votre école ?
En s'inscrivant sur le site : www.courslefoyer.com ou par téléphone au 06 11 13 43 63. Il y a deux formules : à la semaine ou seulement le samedi, pour ceux qui sont simplement curieux ou qui ont moins de temps à consacrer à cette formation. Les cours sont donnés dans un vrai théâtre, ce qui est primordial, au Trévise. Nous devons cette chance inouïe à Pascal Martinet, son directeur. Il y a une audition d'entrée pour les élèves de la semaine, et un simple entretien pour ceux du samedi.

Vous êtes à l'affiche du "Roi Lear" au Théâtre de la Madeleine. Quelle vision Jean-Luc Revol en offre-t-il et comment envisagez-vous le personnage d'Edmond ?
Jean-Luc Revol situe sa version du «Roi Lear» pendant la crise de 1929. C'est un monde qui bascule, et une époque révolue laisse place à une ère nouvelle. Il multipliera aussi les références cinématographiques de cette époque. En ce qui concerne Edmond, le personnage est délicat : c'est un traître, un bâtard. Il est venimeux, mais il ne faut pas le condamner pour autant. Comme souvent, ses méfaits sont le résultat d'une grande part de souffrance et de solitude.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 07/09/2015

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