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© Bruno Perroud


La Dame blanche
Vous avez bien ri ? Tremblez maintenant !
Le duo d'auteurs Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, après leurs nombreuses comédies comme «Le Tour du Monde en 80 jours», «Sans Rancune» ou encore «Dernier coup de Ciseaux», s'attaque à un nouveau genre : le théâtre « fantastique » avec «La Dame blanche», au Théâtre du Palais Royal et Arthur Jugnot en tête d'affiche.
Revenons déjà sur votre travail - comment écrit-on à deux ?

Sébastien : Depuis Le Tour du monde, on travaille toujours de la même façon: on se voit tous les matins du lundi au vendredi, pendant quatre heures. Il y a une vraie rigueur. L'écriture c'est comme un muscle, dès qu'on s'arrête c'est plus difficile au redémarrage, alors on tente d'entretenir au maximum. C'est une écriture qui se fait réellement à quatre mains, à la fois sur le fond comme sur la forme.
Sacha : L'avantage d'être à deux c'est qu'on n'a pas le problème de la page blanche, on se motive toujours l'un l'autre. L'association de nos deux personnalités donne un style particulier qui n'existerait pas si on écrivait seul. Il y a un effet ping-pong qui va bien avec le théâtre, qui reste un art oral où tout se répond. Et on se motive l'un l'autre quand il le faut, on s'interroge aussi, et surtout on se fait rire.

Et aujourd'hui vous passez du registre de l'humour au théâtre d'épouvante?

Sacha : Oui il y avait une envie, un besoin urgent de passer à autre chose. Ça fait neuf ans qu'on écrit ensemble, sans vouloir arrêter, on voulait faire une pause dans le registre de la pure comédie.
Sébastien : On voulait se renouveler, on voulait lâcher un peu, et puis se reposer, car vous savez le rire est fatigant, surtout pour les muscles du visage et du ventre. On voulait changer de registre tout en restant dans un style un peu atypique. On a choisi le thriller fantastique. Toute l'installation sonore de la salle du Palais Royal a été refaite de façon à ce qu'on puisse avoir des créations sonores directionnelles. Il y a un gros décor, de la vidéo, un magicien travaille avec nous, et malgré tout, l'histoire doit être plus importante que les effets. Car c'est une vraie histoire.?En l'occurrence, un homme qui tue sa maîtresse, sans zombie ou hémoglobine, ce n'est pas une attraction à la Disney. L'intérêt du théâtre, c'est que les artistes de scène et les spectateurs sont dans le même lieu, il y a une proximité épidermique qui permet une forme d'inconfort à l'idée qu'il puisse leur arriver n'importe quoi à n'importe quel moment. C'est dans cette part d'interactivité qu'on a fait naître ce climat de peur afin d'enrichir la pièce. Et d'ailleurs un scoop pour les lecteurs de Tatouvu : chaque soir deux à trois spectateurs mourront - égorgement, pendaison, noyade, ...
Sacha : Il faut rappeler que même si le titre s'en inspire, l'histoire de la pièce n'a rien à voir avec la légende urbaine de la Dame Blanche. C'est une pièce d'ambiance, des scènes courtes, peu de mots, un théâtre très visuel. On a travaillé sur une notion de danger installé avec un suspens qui monte, en tentant de rendre inquiétant les choses simples du quotidien. Beaucoup de notre écriture est hors des dialogues, le silence est si présent qu'il en est presque devenu un personnage. On a été très rapide à l'écrire, avec une certaine fluidité, ça a été comme une éjaculation précoce de l'écriture, mais avec du plaisir en plus. Le style est plus incisif que précédemment, on a délaissé cette fois la logique du bon mot qui fait rire pour celle du silence qui terrifie.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 09/10/2015

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