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D.R.


Clément Koch
Un auteur grave et drôle à la fois
Après le succès de «Sunderland» en 2011, qui a commencé au Théâtre de Paris pour continuer bien au-delà de nos frontières jusqu'au Canada, le comédien et auteur Clément Koch nous propose sa nouvelle pièce «De l'autre côté de la route», au Théâtre Michel.
D'où vous vient cette fibre d'auteur qui mélange autant l'humour au drame ?

J'écris juste des pièces comme je voudrais les voir au théâtre. Mon désir est mon premier moteur. J'ai besoin qu'il y ait du fond pour que ça m'interpelle, me tienne en éveil, et je ne sais pas écrire de comédies d'une heure trente qui tourne juste autour d'un canapé et de quelques effets. J'aimerais bien, ce serait plus simple même, mais non, je n'y arrive pas. Et puis quand vous écrivez, vous lisez, relisez et relisez encore votre travail. Sans rien à dire, je mettrais vite tout à la poubelle. Alors pour m'éviter ça, moi le premier spectateur, je cherche du fond. Et parfois une forme aussi. Et puis il me faut de l'humain. Du vrai. Pas du plastique ! Des types comme David Mamet, Neil Labute, souvent des américains, ça me plaît. Des écritures contemporaines, attention pas neuves ni sophistiquées, non. Des choses simples, rapides et brutales. Et puis il me faut de l'humour. J'appelle ça l'effet popcorn. Du sucre qui attire le passant vers l'intérieur sombre des théâtres! Et je mélange tout ça et si j'ai de la chance, il en sort un drôle de jus qui a un joli goût, immédiat et si possible une saveur plus lointaine qui vous restera un peu. Mais ça, c'est rare.

Quel est le point de départ de cette nouvelle pièce ?

Comme pour «Sunderland», quand je m'attaque à des sujets de fond, ils sont assez forts et multiples. Ce sont souvent des thèmes graves et qui pourraient même carrément faire fuir les gens. Mais je les aborde avec légèreté et humour alors tout le monde s'y retrouve.
Dans «Sunderland», c'était le chômage, les mères porteuses et l'autisme... Ici j'aborde les problématiques autour des firmes pharmaceutiques, de l'infertilité féminine, de la vieillesse et de l'euthanasie. L'écriture de cette pièce est d'abord partie de ma vie. J'ai pas mal visité de maisons de retraite ces derniers temps, enfin surtout une, et je peux vous dire que ça vous marque. Au-delà de la considération sur la qualité des services, il y a déjà la situation. Le fait. Se débarrasser de ses vieux comme ça, c'est assez troublant. Et puis, il y a eu ce reportage que j'ai vu sur le monde des laboratoires pharmaceutiques qui m'a fait tomber à la renverse. J'ai alors lu différentes études et découvert tout un système que je ne connaissais pas et je me suis mis au boulot ! Alors j'ai planté le décor dans une maison de retraite en Suisse, où une femme retraitée, anciennement chercheure en physique moléculaire, va devoir affronter de nouveau son passé. Je suis content car l'équipe est merveilleuse, artistiquement armée, et avec l'aide de Didier Caron, j'ai pas mal affiné, ajusté. Et puis j'ai reçu pour cette pièce le prix de la Fondation Diane et Lucien Barrière récompensant l'écriture. Je ne suis pas le genre à collectionner les médailles, mais ça donne une bonne énergie à tous et ça va nous aider un peu quand le rideau se lèvera pour la première fois. Et j'espère que vous serez là
Interview par Samuel Ganes
Paru le 07/10/2015

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