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© Xavier Cantat


Christophe Alévêque
Ça ira mieux demain
Après "Super rebelle!... Enfin ce qu'il en reste" et "Les Monstrueuses Actualités", Christophe Alévêque se fait Don Quichotte des temps modernes sur la scène du Rond-Point.
Vous sentez-vous proche de Don Quichotte ?
J'aime son côté givré et fou. Ceux qui réussissent sont ceux qui savent s'adapter à la réalité. Ceux qui persistent à rêver d'une autre vie échouent. J'avais écrit ce spectacle avant les événements de janvier. Je me suis alors posé beaucoup de questions sur mon rôle, sur ce qu'était un humoriste. Je trouvais mon métier dérisoire. Cependant les gens rient énormément, encore plus qu'avant: le besoin a dépassé l'envie ! Finalement, j'ai peut-être une certaine utilité. Ma mission est la même : m'attaquer aux pouvoirs, politique, économique, religieux, culturel. C'est le rôle du bouffon. Ne rien lâcher et ne pas céder d'un millimètre. Je suis incapable de me calmer ! Je propose une récréation sans aucun tabou ni interdit.

En questionnant cette fois la part de rêve qui a déserté notre monde au profit du tout-rentable et du cynisme généralisé ?
Mon métier est de pointer les absurdités de notre temps, ce qui se passe mal, mais je ne voulais plus me cantonner à critiquer ou éreinter. Je souhaitais parler du rêve qui est devenu un concept. Si nous ne laissons pas une part d'imaginaire à chacun de nous, à quoi bon ? Cette sinistrose ambiante est maintenue par tous ceux à qui le crime profite. La peur et la culpabilité entretenues ont amené la réflexion au niveau zéro. On vit dans une société comptable où l'avenir est le bilan comptable. Nous devons revenir aux forces de l'esprit.

Vous vous interrogez notamment sur l'héritage légué aux jeunes générations...
J'ai deux enfants de 18 et 22 ans qui m'ont inspiré avec leurs "tranquille", "t'inquiète" face au père de famille qui attend le déclic ! Ce n'est pas eux que je critique mais les vieux cons, comme moi, à travers eux ! Ils sont dépressifs mais ne le savent pas car ce sont des amateurs. Et ce sont leurs parents qui ont participé à la construction de cette société. À nous de leur donner envie, espoir. On a voté pour des idées, pas pour des marchés. À nous de reprendre les clefs et d'arrêter de crier au complot. Si je n'y croyais pas encore, je ne monterais pas sur scène. Il faut continuer de rêver et surtout ne rien attendre de ceux qui sont censés changer les choses. Nous seuls pouvons le faire et il faut que nous soyons en capacité de penser pour changer.

Dans quel univers visuel évoluez-vous ?
Je suis revenu aux fondamentaux. J'ai un piano sur scène qui symbolise mon rêve. Je ne le lâche jamais et il ne me lâche jamais. Le spectacle oscille entre rêve et résignation, envie de changer de carrière ou de rentrer dans le rang. Je me lance dans le stand up centriste ! Tout cela dégénère et je tenais à finir le spectacle sur un moment de poésie, une chanson dont le dernier mot est "c'est extra". Je suis accompagné par Frankie Mermillod qui tient le rôle de Sancho Pança. Il crée l'équilibre social : le gars du peuple face à l'intellectuel givré !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 03/10/2015

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