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D.R.


Les auteurs contemporains
Victor Haïm
Auteur d'une trentaine d'œuvres jouées dans vingt-trois pays, Victor Haïm a confié sa nouvelle pièce à Marcel Bluwal, qui la met en scène au théâtre de l'Œuvre.
"Jeux de scène" voit s'affronter Francine Bergé et Danièle Lebrun dans un "match de boxe" entre deux femmes de théâtre que tout sépare.
Starter Plus : La plupart de vos pièces abordent la manipulation. Pourquoi ce thème récurrent ?
Victor Haïm : Je pense qu'il s'agit d'un thème central dans les rapports humains. J'ai toujours beaucoup pensé à la manipulation et j'y pense particulièrement en ce moment par rapport au problème du Proche-Orient. Des amis juifs peuvent se révéler inconsciemment manipulateurs. Ce n'est pas parce que j'appartiens à une minorité (ethnique, raciale ou religieuse) que je dois automatiquement donner l'absolution à ceux qui en font partie. Pour prendre un autre exemple, ce qui serait extraordinaire, ce serait de trouver un fils de nazi qui aurait dit pendant la guerre : "Mon père est un salaud !" Mais il est souvent très difficile de critiquer son propre camp, sa propre famille. Et pourtant, c'est le début de la lucidité. C'est ce que j'ai souvent essayé de dire.

S. P. : Comment construisez-vous vos pièces ?
V. H. : Je pars souvent d'une anecdote en essayant de voir ce qu'elle véhicule d'universel. J'aime bien les pièces qui sont un peu des fables, qui dénoncent des choses par le biais de dialogues drôles. Car le théâtre, c'est avant tout le langage. J'accorde beaucoup d'importance à cela. Dans mes pièces, un acteur ne peut pas changer le texte. Pas parce que je suis fasciste et que je l'interdis. Tout simplement parce qu'elles sont bâties pour qu'on les dise exactement comme elles sont écrites.

S. P. : Que dénoncent Jeux de scène ?
V. H. : Le snobisme et la cuistrerie de certains professionnels du théâtre qui tiennent pour suspect tout ce qui n'est pas tragique et abscons. Je trouve cela réellement détestable. Même s'il est vrai que le théâtre ne doit pas être uniquement drôle, qu'il doit susciter un débat et une réflexion. J'ai toujours essayé de construire des pièces légères et profondes à la fois. C'est peut-être d'ailleurs ce qui m'a valu de ne pas toujours trouver mon public. Car j'ai parfois le sentiment "d'être assis le cul entre deux chaises", comme on dit ! D'être trop "intello" pour des gens qui aiment seulement rigoler et trop drôle pour ceux qui ne veulent que penser.

S. P. : Est-ce pour vous un problème ?
V. H. : Oui, mais je n'ai pas trop envie de le résoudre. En tant qu'auteur, j'ai seulement envie de réfléchir sur ce que je fais. Je n'ai pas à me dire : le public demande ça, alors il faut que j'écrive ça. Je ne fais pas de marketing artistique !
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 01/09/2002

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