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D.R.


Les Faux British
Un Cluedo … ou presque !
Une tournée à guichet fermé en Grande-Bretagne et un succès retentissant à Londres depuis un an, cette pièce déjantée, au titre français Les Faux British est désormais à Paris, au théâtre Tristan Bernard. Deux des comédiens nous parlent de cette bombe à retardement, Yann de Monterno et Michel Scotto Di Carlo.
C'est au départ un délire entre amis ...
Yann de Monterno: C'est une petite troupe qui a créé ce spectacle au festival d'Edimbourg, à la base dans le texte un peu plus léger que la version postérieure, sur le concept d'une pièce à gags avec essentiellement des ratés. Ça a très vite plu, ça s'est étoffé puis après une tournée et différents lieux à Londres, cette pièce a reçu l'équivalent du Molière de la meilleure comédie au Royaume-Uni cette année. Gwen Aduh, notre metteur en scène qui a aussi adapté la pièce avec Miren Pradier, l'a vue dès les premières représentations et très réactif il a demandé les droits de suite. Il a ensuite apporté cette dimension « Cluedo » avec des personnages très stéréotypés british, très racés, où chacun a un code couleur - ce qui n'existe pas du tout dans la version originale. Ce sont donc sept personnes, qui tentent de jouer des figures célèbres du thriller anglais, la catastrophe étant le personnage principal de la pièce.
Michel Scotto Di Carlo: Après il y a l'histoire que raconte la pièce, mais la pièce n'est pas ce que raconte l'histoire. Dans le sens où il y a cette pièce inédite attribuée à Conan Doyle, qui a créé Sherlock Holmes, qui va se jouer par ce groupe de comédiens amateurs, tous membres de l'Association du Roman Noir Anglais, qui n'est en fait qu'un prétexte. Comme une mise en abîme, l'intérêt de la pièce se situe dans l'amateurisme même de ces gens.?La succession de ratés qui en découlent, comme des partis de décor qui tombent, des gens qui ne lancent pas leurs répliques au bon moment, ou qui vont se tromper au point qu'on peut rejouer plusieurs fois la même scène.

On est dans une forme de fausse anarchie
Y DM : Oui c'est une anarchie illusoire qui cache un travail bien réglé et demande une vraie rigueur. C'est un vrai travail dans le rythme, le corps et le jeu. Le rythme indéniable, car dès que le rideau s'ouvre, c'est comme un jeu de domino, tout s'enchaine sans temps mort. Le corps, car tout est millimétré dans le moindre déplacement sur scène jusqu'aux scènes de combat, en passant par la manipulation d'accessoires - même si on est déjà couvert de bleus. Le jeu réclame aussi un registre primaire, une sincérité, très premier degré pour qu'on y croit.
M SDC: Il faut être comédien, cascadeur, pompier aussi pour pouvoir jouer cette pièce. C'est vrai que c'est du délire discontinu qui réclame une réelle exigence, on est dans le gag à la Benny Hill, dans l'absurde à la Monty Pythons, et la folie à la Tex Avery. C'est un réel maelström catastrophique, d'ailleurs le titre original est «The play that goes wrong». Donc dès le lever de rideau, tout va de mal en pis, et c'est parfois peu dire.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 10/07/2015

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