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D.R.


Les Fiancés de Loches
Transposée en comédie musicale, cette pièce de Feydeau a fait un tabac l'été dernier au Palais Royal où elle revient s'installer dès le 19 juin. Outre trois musiciens, huit comédiens et chanteurs impeccables, venus d'horizons très différents, la mènent tambours battants.

Claudine Vincent
Parmi eux, il y a la pimpante Claudine Vincent au parcours peu banal, vous en conviendrez : Petit Conservatoire de Mireille, Conservatoire National d'Art dramatique, journaliste, rédactrice d'un jeu TV, scénariste, responsable de promotion...

Que n'avez-vous pas fait ?
Le trottoir ! (grand éclat de rire)

Et le théâtre dans tout ça ?
Avant de rencontrer mon mari, j'écrivais des chansons (pour J.Gréco, I.Aubret, M.Delpech, H.Vilar...) mais il m'a dit : « Arrête et occupe-toi des enfants ! » Je rêvais d'être sur scène... mais il n'aimait ni les comédiens ni le théâtre. Quand, à soixante ans, je me suis aperçue que j'étais passée à côté de ma vie, j'ai décidé de m'amuser en m'inscrivant au cours de théâtre d'Olivier Leymarie. J'ai joué sous sa direction au Vingtième Théâtre. Puis sont venus de petits remplacements au théâtre, des castings, une série pour M6, divers téléfilms... et cet individu (Hervé Devolder en face de nous -sourires de part et d'autre-) avec Feydeau. Je me pensais incapable de jouer, chanter, danser mais il a été si persuasif ! Me voici donc dans le rôle de Rachel. Cette vieille fille, a toujours vécu pour les autres sans jamais s'occuper d'elle . Sa naïveté quand un jeune homme lui fait la cour... Quel bonheur ! Et je suis entourée de gens exceptionnels. L'ambiance est toujours chaleureuse, jamais un mot de travers, c'est formidable. Alors, non seulement ce n'est pas fatigant mais ça me rajeunit !!!

Fabrice Fara
Doté d'un physique entre Patrick Bruel et Patrick Fiori, passe ses journées dans les studios de doublage (il est entre autres la voix de Sheldon dans Big Band Theory, Jim Parson ici et là, Roy Harper dans Arrow...) et ses soirées sur les planches.

Vous êtes donc un artiste heureux ?
Très heureux ! Et sur ce spectacle là, c'est carrément le pied. J'ai un beau texte et de belles chansons à défendre, dans un beau lieu, une belle mise en scène et des comédiens chanteurs formidables dont j'ai beaucoup appris. J'aime tant ce projet que j'ai tout fait pour me rendre disponible, y compris pour la tournée à venir. Heureusement, pratiquement tous les gens avec qui je travaille dans le doublage l'ont vu et l'ont beaucoup aimé. Aussi ont-ils tout à fait compris que je veuille continuer cette aventure.

Et vous avez aussi un beau rôle ?
Oui, celui de Séraphin, employé de l'agence de placement. Ce que j'aime en lui c'est que, comme beaucoup de ceux à qui on donne un peu de responsabilité, il a l'impression d'avoir du pouvoir, en l'occurrence donner du travail à certains et pas à d'autres. C'est un être double. Très antipathique avec les personnes à placer, il devient très complaisant et affable avec les employeurs huppés. « Il voudrait bien avoir l'air mais n'a pas l'air du tout » comme disait Brel. C'est super à jouer... et à chanter !

Hervé Devolder
Il est un habitué des planches. Auteur, comédien, metteur en scène et compositeur de musiques de théâtre, il a composé celle des Fiancés de Loches et en signe la mise en scène..

« Ma tâche en a grandement été facilitée par l'écriture de Jacques Mougenot (auteur de L'Affaire Dussaert, La Carpe du Duc de Brienne...), la musique est déjà dans son texte. Je me permets de citer une spectatrice sortant du théâtre : « Ah, on savait écrire de la musique en ce temps-là ! ». Inutile de vous décrire mon plaisir ! ».

Qu'est-ce qui a guidé votre mise en scène ?
L'oeuvre de Feydeau, comme ses personnages, est vraiment inscrite dans son époque. Comment transposer ailleurs ces provinciaux qui, voulant s'inscrire dans une agence matrimoniale, entrent dans une agence pour l'emploi où ceux qui cherchent du boulot paient pour qu'on leur en donne, tant il y en a ? Il fallait donc qu'elle reste dans son jus, la fin du XIXème, si vivace car grouillant de nouveautés, dont l'électricité.

Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle... alors que cette œuvre de jeunesse a quelques faiblesses ?
Ce que je vais dire est très prétentieux mais les petits moments de la pièce un peu moins aboutis, compte tenu de l'âge de Feydeau à sa création, vingt-six ans, ont été remplacés par des passages chantés, sans trahir l'auteur. Aussi, reste-il uniquement la substantifique moëlle si efficace de Feydeau et ce tour de force incroyable : un seul quiproquo qui tient tout le long de la pièce, sans jamais s'effondrer et réjouit les spectateurs !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 07/07/2015

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