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© Emanuele Scorcelletti


Virginie Hocq
au Théâtre de Paris
Curieuse et droite dans ses bottes. Pour son nouveau spectacle « Sur le fil », Virginie a su garder son clown, tout en se révèlant comédienne d'exception, entrant en une demi seconde dans la peau de personnages dont elle explore les fêlures pour les transcender en éclats de rire et cela jamais à leurs dépens.
D'où vient cette idée de suivre des fils de vie pour entrer dans la peau de personnages ?
Lorsque, en 2013, Isabelle Nanty m'a proposé de participer au Gala de l'Union des Artistes dont elle assurait la mise en scène, j'ai découvert le fil et les échasses. Je me suis entraînée chaque jour. Garder l'équilibre, franchir les obstacles, remonter après la chute... comme dans la vie ! J'avais trouvé le titre et je savais qu'il s'agirait du fil de la vie.

Avez-vous déjà été tentée par le fait d'être quelqu'un d'autre ou de vivre à une autre époque ?
«N'envie pas les autres... tu ne sais pas ce que la vie leur réserve». Je ne sais pas à qui appartient cette phrase que j'ai lue mais je l'ai faite mienne. J'ai les pieds sur terre, suis droite dans mes bottes et heureuse de vivre. Je n'ai jamais visé la lune... Non, je n'ai jamais eu envie d'être quelqu'un en particulier. Par contre, remonter le temps, pourquoi pas ? Par exemple pour me forcer, adolescente, à être aussi curieuse que je le suis aujourd'hui !

Pourquoi vos personnages ont-ils tous un fond tragique ?
Parce que la vie peut être très vache mais elle nous donne la chance de nous en sortir. Oui, toutes ces femmes sont un peu cassées mais leur positivisme les rend fortes. Je ne tiens pas particulièrement à faire passer un message et si le public s'est juste diverti j'en suis heureuse et s'il en retire quelque chose, tant mieux.

Comment avez-vous collaboré avec votre auteur, Benjamin Gomez et votre metteur en scène, Isabelle Nanty ?
Avant, lorsque j'avais une idée de sketch qui me paraissait un peu osée, « la liste des courses » par exemple, on me disait systématiquement que c'était trop risqué. Or, je savais que ce ne serait pas vulgaire et j'y suis arrivée. Pour la première fois, j'ai tout écrit seule, posant les curseurs pour que le public soit interpelé, touché, étonné et pas choqué. Benjamin m'a aidé à structurer l'ensemble et Isabelle a tout recadré. Elle m'a malaxée, triturée, écartelée... et je me sentais parfois complètement perdue. Mais elle a une espèce de don, une vision particulière et a respecté la contrainte que je lui avais donnée : raconter des histoires avec un début, un milieu et une fin, comme des courts-métrages, et en utilisant diverses disciplines dont le mime.

Pourquoi changer de metteur en scène à chaque spectacle ?
Pour me mettre en danger et éviter que ce ne soit moi qui guide !

Dans l'idéal, avec qui aimeriez-vous travailler ?
En général, avec des gens curieux qui ne vont pas seulement utiliser ma capacité à faire rire. En particulier, le travail de James Thierrée m'inspire terriblement. Ça a l'air dingue, complètement impossible à faire et pourtant ! S'il pouvait venir me voir et si je pouvais travailler avec lui !!! Et avec Rowan Atkinson aussi dont on ne connaît que Mister Bean mais qui est un formidable shakespearien... On peut rêver, non ?
Interview par Caroline Fabre
Paru le 15/04/2015

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