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Cristiana Reali
D.R.


Marie Tudor
Mise en scène par Philippe Calvario
Douze acteurs, sur le plateau de la Pépinière Théâtre, investissent «Marie Tudor» de Victor Hugo dont Cristiana Reali, Jean-Philippe Ricci et Jean-Claude Jay.
Vous déclarez que le désir et la liberté sont les deux choses fondamentales reliées à votre façon de faire du théâtre. Quels désirs sont à l'origine de ce projet de mise en scène et quels espaces de liberté la pièce de Victor Hugo vous a-t-elle permis d'explorer ?
Dans «Marie Tudor», Victor Hugo parle du désir, de la mort dans le désir, de la mort du désir... C'est une des choses qui m'a donné envie de m'emparer de cette pièce. D'ailleurs, le thème du désir, de l'entremêlement entre Eros et Thanatos, est un thème qui m'intéresse depuis très longtemps, un thème que j'ai déjà exploré en mettant en scène Roberto Zucco, par exemple. D'autre part, «Marie Tudor» est une pièce très baroque, assez folle, qui offre de nombreux espaces de liberté. Car l'écriture se déploie souvent en pointillés...

Qu'entendez-vous par là ?
Je veux dire que dans cette pièce, il y a une dimension un peu cousue de fils blancs. On rencontre, ici et là, quelques aberrations dramaturgiques. On peut donc choisir de se diriger dans une direction, ou dans une autre. Hugo ne se situe jamais dans le réalisme. Il crée un théâtre assez symboliste, ce qui permet au metteur en scène de choisir son propre langage, ses propres symboles pour parler, notamment, du personnage de la reine. Par certains aspects ce personnage est complètement hiératique, et par d'autres, presque dans un rapport vulgaire au monde. Il alterne le style d'une héroïne purement tragique et, à d'autres moments, le style d'un personnage beaucoup plus drôle.

« Dans Marie Tudor, Victor Hugo parle du désir, de la mort dans le désir, de la mort du désir... »

A travers quel prisme de mise en scène avez-vous élaboré ce spectacle ?
J'ai imaginé cette pièce dans une époque atemporelle, qui convoque bien sûr des touches du XVIème siècle, mais qui les associe à des tas d'autres références, notamment contemporaines. La dimension humaine de «Marie Tudor» dépasse le cadre d'une époque déterminée.

Quels sont les aspects essentiels de cette pièce, et de ses personnages, que vous avez souhaités mettre en lumière ?
Ce qui me paraît fondamental, c'est le rapport entre la reine et la femme. C'est-à-dire le rapport entre quelqu'un qui est censé détenir un pouvoir absolu, qui devrait donc avoir la possibilité de faire ce qu'elle veut, et quelqu'un qui se retrouve empêtré dans des passions qui lui sont interdites, justement parce qu'elle est reine. Tout l'enjeu de la pièce réside dans le combat entre ces deux positions : la reine va-t-elle réussir à faire plier la femme ou, au contraire, va-t-elle laisser les désirs profondément humains de la femme prendre le dessus ? C'est une dualité que je trouve finalement très moderne, qui nous pose des questions sur les fondements de l'amour et le jeu des représentations sociales.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 02/04/2015

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