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Anne Bourgeois
© Anne-Sophie Lombrail


Des gens bien
… ou presque !
Avec une belle distribution, dont Miou-Miou en tête, la pièce «Des gens bien» de David Lindsay-Abaire, se joue au Théâtre Hébertot. Focus sur cette pièce qui a reçu le New York Critics Award en 2011, avec la metteuse en scène Anne Bourgeois et le jeune comédien Julien Personnaz.
Anne Bourgeois, comment êtes-vous venu à cette pièce ?
Suzanne Sarquier de l'agence littéraire Drama, l'a proposé à Miou-Miou et le texte a fait immédiatement écho en elle. On m'a alors soumis ce projet et j'ai aussi immédiatement eu un coup de cœur - voir un coup de poignard dans le cœur - pour cette pièce. Je ne fais du théâtre que pour parler de l'être humain et de la façon dont il fonctionne. Cet auteur nous dépeint l'homme à travers les différentes classes sociales : des pauvres très pauvres, des pauvres moins pauvres, des gens de la classe dite « moyenne » et aussi ceux d'un niveau aisé, qui sont confrontés au fur et à mesure de cette pièce à des situations qui nous permettent de les voir vivre, se débattre, parler en exprimant des frustrations ou des opinions - c'est en total miroir avec notre époque, et surtout animé constamment d'un humour cynique, ce qui rend l'ensemble à la fois terrible et très drôle. Gérald Aubert a fait une traduction magnifique avec des dialogues très actuels. La pièce est pleine de finesse, au vitriol mais sans manichéisme, et c'est en partie ce qui la rend géniale. On traite de la différence sociale, mais aussi raciale et culturelle, de l'évolution possible d'un individu dans notre société et des changements qui en découlent sur son être profond. Il y a des rapports d'amitié, d'amour, d'intérêts. Entre précarité, licenciement et chômage d'un côté, et une vie luxueuse de l'autre, qu'on soit pauvre, riche, ou « nouveau riche », la conscience que chacun a « d'aider » et les répercussions sur l'autre ne sont pas du tout les mêmes d'une couche sociale à l'autre - c'est ce genre de subtilité que cette pièce aime explorer.
Julien Personnaz : Mon personnage en est un bon exemple : c'est un garçon des quartiers pauvres, et Margaret, joué par Miou Miou, est l'amie de sa mère. Malgré cette relation amicale, il va devoir la congédier à contrecœur. Il doit suivre des règles qui ne sont pas les siennes, et si il ne la licencie pas, c'est lui qui le sera. Donc il la vire. Il n'est ni bon, ni méchant - et tous les personnages sont dans cette « normalité », c'est ce qu'on appelle « des gens bien ». Le réalisme dans lequel est ancrée la pièce, m'a immédiatement fait penser à cet univers britannique à la Ken Loach. On retrouve un humour acide et des problématiques sociales de notre monde actuel. Je suis très heureux de faire parti de ce projet, la pièce est forte, et quand Anne parle de placer l'humain avant tout, je le ressens vraiment : car au-delà de cette distribution d'exception, tout le monde est d'une bienveillance constante, et j'espère que les spectateurs le ressentiront aussi.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 03/02/2015

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