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© Jean-Louis Fernandez


Sandrine Bonnaire
Le Miroir de Jade au Théâtre du Rond-Point
Elle revient à la scène dans une pièce dansée - de la chorégraphe Raja Shakarna - sur la «renaissance d'un corps après un choc émotionnel profond».
Qui est la femme, prénommée Jade, que vous incarnez dans ce spectacle ?
C'est une danseuse. Le spectacle commence au moment où elle sort du coma, après un accident de vie. Elle va essayer de reconstruire son corps et son mental, qui sont complétement cassés. Pour cela, elle est accompagnée d'une grande amie qui va l'aider à retrouver vie...

S'agit-il d'une création purement chorégraphique ?
Non. Mon personnage n'a pas de texte, mais les autres si. Car aux côtés de Jade, il y a l'amie dont je viens de parler, jouée par Pauline Bayle, qui essaie de la tirer de son mutisme. Elle va réussir à la faire se relever, à agir sur son corps, mais elle ne parviendra pas à la remettre sur la voie de la parole. Non pas parce que Jade a perdu la faculté de parler, mais parce qu'elle a décidé de ne plus le faire... Il y a aussi Elisa Gomez, qui interprète le reflet de Jade, la projection de sa propre image et aussi d'une partie de son mental. Les mots qu'elle prononce sont comme les pensées intérieures de Jade.

Comment est née l'idée de cette création ?
Raja Shakarna et moi nous connaissons depuis l'âge de 10 ans. Ce qui est drôle, c'est qu'à l'époque elle rêvait d'être comédienne et moi danseuse ! Chacune a fait son chemin et, un jour, nous nous sommes dit que nous aimerions créer un spectacle ensemble.

Comment pourriez-vous caractériser le rapport que vous entretenez avec votre corps, dans votre métier de comédienne ?
Pour moi, c'est un véritable outil de travail. Dans la préparation d'un rôle, il y a plusieurs étapes. La première, c'est le travail sur le texte, avec tous les aspects psychologiques du personnage, ses réactions, ses modes de fonctionnement... Ensuite, je mets presque tout cela de côté. Car quand j'aborde une scène de cinéma, je pense essentiellement à des choses liées au corps : je me dis que mon personnage est une femme qui se tient droite, ou au contraire qui est bossue... J'ai des impressions corporelles qui me viennent assez spontanément. Finalement, je me rends compte que lorsque je parle d'un rôle, je dis souvent plus de choses en rapport avec l'aspect physique du personnage qu'avec son aspect psychologique.

Et au théâtre, vous utilisez votre corps de la même façon ?
Oui, mais de manière amplifiée. Sur scène, il faut parvenir à décupler ce que l'on nous demanderait de faire de façon minimaliste sur un plateau de cinéma. Mais la couleur de départ, la chose que l'on joue, est la même.

Qu'est-ce que vous souhaiteriez que l'on retienne de ce spectacle?
J'aimerais qu'il puisse délivrer un message sur la reconstruction. Même si, un jour, on est vraiment dans un mauvais état physique et psychologique, il y a toujours un moyen de retrouver une identité. La question de l'identité est quelque chose qui m'intéresse depuis toujours. D'ailleurs, je m'aperçois que beaucoup de mes films explorent la vie de personnages brisés. Finalement, l'histoire de Jade me fait penser à une fleur qui fane et qui renait. La vie est comme ça : on traverse des bonheurs, puis des malheurs, et de nouveau des bonheurs !
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 20/02/2015

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