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© Frédéric Cussey


Le Temps des Suricates
Être ou ne pas être, telle est la question
Rencontrés sur la pièce à succès Le Porteur d'Histoires d'Alexis Michalik, Vincent Deniard et Marc Citti se retrouvent ici dans Le temps des Suricates, écrit par ce dernier, au Théâtre des Béliers Parisiens, et mis en scène par Benjamin Bellecour. Rencontre avec les deux interprètes.

Marc, revenons sur la genèse de cette pièce.
Marc : C'est une idée assez ancienne. A la base, c'est un dispositif scénique et sonore que je voulais retranscrire : les loges d'un théâtre pendant une représentation avec le « retour », ce petit haut parleur permettant aux acteurs de suivre la représentation. Il y a cette promiscuité du lieu, et cette double action, la loge et le plateau. Ce contexte au départ réaliste (une troupe jouant «Hamlet» en tournée, un duo de comédiens, l'un jouant Horatio avec une vraie humilité voire une propension à l'autodénigrement, l'autre interprétant quantité de petits rôles et vivant cela comme une insulte faite à son immense talent) va peu à peu glisser dans la fantasmagorie : ce que vont entendre les deux personnages dans les retours de scène va finir par se déréaliser sérieusement, d'étranges reflets vont apparaître dans les miroirs. Il y avait vraiment une envie d'une situation réelle qui bascule dans le burlesque et le fantastique.

Pourquoi cette envie de fantastique et pourquoi ce titre étrange d'ailleurs ?
Marc : Dans « Kiss Richard », ma précédente création, je confrontais déjà un personnage à des situations irréelles, je pense que le théâtre doit être le lieu de l'imaginaire, les pièces réalistes de bout en bout m'ennuient. Pour ce qui est du titre, la métaphore du suricate, cet animal semblant constamment aux aguets, dressé sur ses pattes comme une sentinelle concentrée, est utilisé par mon personnage pour évoquer leur situation présente.
Vincent : ... et il y a aussi ce parallèle du fait que les suricates, hors du groupe sont voués à mourir, les deux hommes ici sont hors de scène. Après ce sont des comédiens, mais ce n'est pas qu'une pièce sur les comédiens. Ça pourrait être des mecs dans une mine, ça reste deux hommes qui travaillent ensemble et qui, dans une attente, viennent à parler de leur vie, leur amour, leur paternité, leur filiation, il y a quelque chose de profondément universel dans ce texte. Tout ça est renforcé par cette note fantastique, c'est assez judicieux. A travers ces deux personnages, il y a aussi le symbole de la dualité. J'ai été séduit aussi par le concept de la loge, comme les vestiaires ou la cuisine d'un restaurant, c'est l'envers du décor, ce lieu presque intime où le « off » est la scène, le vrai lieu de vie et de représentation est derrière. De nombreux comédiens ont d'ailleurs prêtés leur voix, afin qu'on puisse entendre «Hamlet», comme si ils étaient en live.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 04/12/2014

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