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© Bruno Perroud


Caroline Loeb e(s)t George Sand
Au Petit Gymnase
A la fin des années 80, Caroline est comédienne -jouant Farid Chopel, Tilly...- quand elle fait un tabac avec « C'est la ouate ». En 93, Michel Hermon lui demande de mettre en scène son récital. Elle réitère avec Lio, Victor Lazlo, les Weepers Circus... avant d'adapter «Shirley» et d'y mettre en scène Judith Magre. Puis, revenant à ses premières amours, elle met en scène et joue Les «Monologues du vagin» au Théâtre Michel, crée «Mistinguett, Madonna et Moi», spectacle féministe consacré au music-hall glamour dans lequel elle joue et chante... Aujourd'hui, la revoici dans «George Sand, Ma vie, Son œuvre !» coécrit avec Tom Dingler (le fils de Cookie) et mis en scène par Alex Lutz.
Dans ce spectacle, Caroline raconte la gestation... de ce spectacle. S'ensuit alors un moment enthousiasmant au cours duquel s'imbriquent habilement moments de vie personnels de la chanteuse et comédienne et informations clés sur Sand dont l'œuvre est décortiquée au regard de l'époque, des amours, des passions ou encore de la maternité de celle qui voulait qu'on la reconnaisse non « pas comme une femme qui écrit mais comme un écrivain ». Entre deux tranches de texte, Caroline chante des chansons qu'elle a, pour six d'entre elles, spécifiquement coécrites avec Thierry Illouz sur des musiques composées par Wladimir Anselme, Michèle Bernard, Gérald Elliott, et Fred Parker, Pascal Mary ayant signé paroles et musiques de deux autres. Toutes sont en rapport direct avec le spectacle. L'ensemble, harmonieux, engagé, distillé avec énergie, émotion et humour, nous offre une vision partiulièrement vivante de cette femme atypique, une jouisseuse portant l'art et le sexe en étendard et ne respectant que ses propres lois. A recommander à tous, quel que soit son âge et quel que soit son degré de connaissance de l'écrivaine.

Caroline, comment avez-vous créé ce spectacle ?
Pendant cinq ans, j'ai tout appris de George Sand en lisant -et relisant- plusieurs biographies. Avant, je savais vaguement qu'elle s'habillait en homme (d'où mon évidence de choix de costumes signés Jean-Paul Gauthier), qu'elle a été la «bonne dame de Nohant» comme la maîtresse de Liszt et de Chopin et... c'est à peu près tout. Je ne connaissais rien de ses passions, de la politique à la cuisine en passant par les plantes, la peinture... De découvertes en découvertes, je suis tombée raide dingue de ce monstre de vitalité et de curiosité.

Pourquoi cette forme ?
Je dois beaucoup à ma fille. Elle a aujourd'hui son bac et tout va bien. Mais, il y a deux ans, elle passait son temps sur Internet. Lorsque je me suis rendu compte que George Sand avait eu des problèmes avec sa fille Solange, j'ai compris que le raconter serait une façon de la dépoussiérer, de la rendre accessible et très ancrée dans aujourd'hui. J'en suis arrivée à un paradoxe : en parlant d'elle, je peux parler de moi d'une manière intime sans dire «moi je» et aborder des sujets qui me touchent tout en la rendant vivante. Les chansons complètent cette incarnation.

Un dernier mot ?
Oui, sur Alex Lutz ! Ça a été un pur bonheur de travailler avec lui. En plus, comme c'est un homme féministe, cette rencontre fut très forte, très profonde.
Interview par Caroline Fabre
Paru le 09/11/2014

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