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Emmanuelle Bougerol
D.R.


Le Père Noël est une ordure
Une pièce mythique renait de ses cendres
Après s'être attaqué à une référence du théâtre de boulevard, Treize à Table, Pierre Palmade aborde aujourd'hui une pièce à succès du café-théâtre : Le Père Noël est une ordure, au Théâtre Tristan Bernard. Rencontre avec deux de ses comédiens Benoit Moret et Emmanuelle Bougerol.
Revenons déjà sur vos parcours.
Emmanuelle : J'ai commencé à l'école de Stéphanie Chevara au Théâtre de la main d'or où j'ai eu des profs comme Joel Pommerat ou Xavier Duringer, qui m'ont ensuite fait travailler. J'ai aussi été dans la classe de Michel Fau au cours Florent. Je viens donc plutôt d'un théâtre contemporain, avec des univers singuliers et des directeurs d'acteurs exigeants, qui sont aussi des auteurs. Comme Pierre Palmade d'ailleurs, que j'ai rencontré par le biais de ses ateliers. En spectatrice, j'étais admirative de cette troupe de comédiens-auteurs qui présentaient leurs sketches, à l'énergie très communicative et dont on voulait faire partie - ça devait d'ailleurs être pareil il y a quelques années avec la troupe du Splendid.
Benoit : Moi j'ai fait trois ans d'études aux cours Périmony, j'ai fait quelques pièces et suis rapidement rentré dans la troupe de Pierre par le biais des ateliers. J'ai toujours été attiré par l'humour, la plupart des pièces dans lesquelles j'ai joué ont été des comédies, ce qui m'a poussé à faire du théâtre depuis que je suis jeune c'est faire rire les gens. C'est vrai que les ateliers ont permis et permettent encore à beaucoup de jeunes talents de pouvoir exister, mais aussi de se confronter, d'évoluer ensemble, ... de cette complicité et ces échanges nait de nombreux spectacles depuis quelques années.

Comment on aborde cette pièce qui est en soit «un monument culturel populaire»?
Emmanuelle : A la manière de Pierre, très naturellement et simplement. Bien sûr ça fait un peu peur au début, mais sa direction d'acteurs se nourrit du comédien et la base reste la sincérité. Moi je joue Zezette, c'est un personnage tellement dessiné et composé que j'avais beaucoup d'appréhension. Il y a les répliques cultes, et puis l'interprétation de Marie-Anne Chazel est tellement ancrée - il faut savoir que c'est elle qui a eu l'idée du dentier. Moi je n'en ai pas et du coup je ne zozote pas. Mais il y a un vrai travail de réappropriation du rôle, qui pour moi consiste à faire confiance au texte et à la situation et qui s'est d'ailleurs fait plus simplement que je ne le pensais.
Benoit : Oui indéniablement la première approche fut un peu timide, dû au fait qu'on s'attaque à une pièce qui est inscrite en partie dans cette conscience culturelle collective. Cela fait trente-cinq ans que la pièce n'a pas été rejouée sur scène par des professionnels, nous sommes fiers et heureux d'en avoir eu le droit. Progressivement le travail a balayé ces craintes, Pierre en est partie responsable, mais il y a aussi une troupe complice, où chacun observe l'autre, voir admire, et en s'amusant on désacralise ce texte. On le redécouvre d'ailleurs et certaines répliques qui n'étaient pas cultes, ont un écho plus grand encore que d'autres qui étaient célèbres. J'y interprète Pierre Mortez , qui était joué par Thierry Lhermitte. Je me sens proche de l'énergie de ce personnage, il a un rythme de parole qui ne m'est pas étranger. Après on essaie pas absolument de faire du différent pour être différent, ni de tout casser pour tenter de refaire quelque chose de littéralement opposé à ce que faisait les comédiens de la version originale.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 09/10/2014

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