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D.R.


Xavier Lemaire
pour « Les Coquelicots des tranchées » :
« Une histoire d'êtres humains, pétrie d'émotion et de rire »

Xavier Lemaire -comédien, auteur, metteur en scène, actionnaire du théâtre de la Huchette...- a co-écrit « Les Coquelicots des tranchées » avec Georges-Marie Jolidon. Devoir de mémoire, plaisir et émotion ont guidé sa plume. Cette grande fresque sur la Grande Guerre a reçu le label « Centenaire » délivré par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale.
D'où vous est venue l'idée d'écrire sur ce sujet ?
Je crois que l'on est tous génétiquement imprégnés par ce sujet : qui n'a pas eu d'ascendant gazé, estropié ou mort en 14-18 ? Mon grand-père ayant consacré quatre pièces de sa maison à la guerre de 14 -photos, obus, casques, mitrailleuses, grenades...- j'y ai passé ma jeunesse à jouer au petit soldat. Je ne voulais pas raconter juste une histoire de tranchées, juste une histoire d'hôpital ou des lettres de poilus... mais la guerre de 14 à travers le prisme d'une famille. On a donc écrit une histoire, une saga façon histoire dans l'Histoire, inventée mais très documentée : nous sommes même allés à Verdun, avons vu la butte de Vauquois, sommes descendus dans la mine de Vauquois...

Que dire au public frileux sur le sujet, la guerre de 14 ?
Comme dans «Autant en emporte le vent» où la guerre de Sécession était une trame de fond, la guerre de 14 permet de raconter une histoire d'êtres humains, pétrie d'émotion et de rire. A Avignon, j'ai vu chaque soir des gens en pleurs car, quand on joue sur la mémoire, l'histoire va plus loin que celle que l'on raconte. Les gens se l'approprient. Ils en font la leur... en la mêlant à la leur.

Quelle est cette histoire ?
Dans une ferme, une famille -à la tête de laquelle Gertrude, une maîtresse femme-, un métayer et trois générations. Le 11 novembre 1913, tout le monde est réuni pour fêter l'anniversaire de Gertrude. Photo de famille. Flash. La scène suivante se passe en octobre 14, juste après la bataille de la Marne, des soldats parmi lesquels Hector qui écrit à sa femme «n'oublie pas l'anniversaire de mère». A partir de là, la pièce entraîne dans un tourbillon qui mènera jusqu'au 11 novembre 18, de la ferme à la tranchée et inversement, de la tranchée au QG de commandement, à l'hôpital...

Douze comédiens sur scène, c'est un gros pari !
Ajoutez aussi 22 changements de décors et 60 costumes ! Et une distribution intergénérationnelle, de Bérengère Dautun à Eva Dumont ou Marion Champenois. Faire coexister une génération d'acteurs qu'on ne laisse pas se développer et une autre qu'on oublie -alors que tous existent très fort-, cela me tenait à cœur car, c'est bien dommage, on ne voit plus cela dans nos salles, à de rares exceptions près. Je suis parti avec l'idée de réaliser le maximum de choses dingues, en essayant d'entraîner dans cette aventure des gens extraordinaires. Thibaud Houdinière par exemple y est entré, avec toute sa technicité de producteur et on l'a menée au bout ensemble. La durée, 2h30, est également atypique... comme le fait de commencer à Paris un 11 novembre. Merci à Emmanuel Dechartre d'avoir accepté le projet tel qu'on le voulait !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 24/10/2014

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