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© M.Antonin


Philippe Besson
«Un Tango en bord de mer» au Théâtre 14
Patrice Kerbrat dirige Jean-Pierre Bouvier et Frédéric Nyssen dans «Un Tango en bord de mer», de Philippe Besson. Entre amour et désamour, une histoire de retrouvailles au masculin. L'écrivain répond à nos questions.
Comment le cadre supérieur que vous étiez en est-il venu, un jour, à changer d'orientation pour devenir écrivain ?
J'avais le désir secret, depuis l'enfance peut-être, d'écrire des histoires, d'inventer des personnages et des situations, de vivre d'autres vies que la mienne. Un jour, alors que je me trouvais au Canada pour une durée indéterminée, dans une chambre d'hôtel, je me suis lancé. Tout de suite, ça m'a paru facile. Et surtout, cela m'a semblé relever de l'évidence. Comme si je me rencontrais moi-même, enfin.

Quelle relation vous lie à la littérature en général et, plus spécialement, à la littérature théâtrale ?
J'aime lire des romans, pour les mêmes raisons que j'aime en écrire : le gout de l'ailleurs, de l'autre différent. Les femmes m'y ont amené : Emily Brontë, Marguerite Duras, Françoise Sagan. Et ces deux dernières ont écrit du théâtre. Je me souviens de «L'amante anglaise» ou de «Château en Suède». Ces souvenirs ne m'ont pas quitté.

Quel spectateur de théâtre êtes-vous ?
J'aime aller au théâtre. D'abord, le lieu me plaît, son caractère séculaire, sacré, le rouge, l'étroitesse, l'odeur de poussière. Ensuite, la proximité physique avec la scène, les comédiens, cela change tout. Et puis chaque représentation est unique.

Quelles différence faites-vous entre l'écriture d'un roman et d'une pièce de théâtre ?
D'abord, il y a peu de romanciers qui soient de bons dramaturges et inversement. Ce sont deux exercices très distincts. Dans le théâtre, il faut trouver un certain «parler faux», penser à la voix, au déplacement, à l'espace. Dans le roman, on n'est contraint par rien, sauf peut-être par une certaine obligation de vraisemblance.

Comment est né Un Tango en bord de mer ?
J'étais en Toscane, seul, enfermé dans une demeure étrange. Je voulais écrire un texte personnel, avec, disons-le, une forte dimension autobiographique. Le roman ne s'y prêtait pas puisqu'il est, par essence, le siège de la fiction. L'écriture théâtrale s'est imposée. D'autant que je savais qu'il n'y aurait que deux personnages, dans un lieu clos. J'ai écrit la pièce sans jamais envisager qu'elle serait jouée un jour. Si j'avais su cela, j'aurais été retenu par la pudeur. J'aurais probablement renoncé. Mais un jour, elle a été là.

Quels questionnements avez-vous souhaité soulever à travers cette pièce ?
Il s'agit d'un pas de deux entre deux êtres qui, à la fois, n'ont pas réussi à s'aimer et pas réussi à se désaimer. J'évoque cette impossibilité, provoquée par la différence d'âge, de statut, et par le fait que l'un et l'autre estiment dès le commencement que ça ne marchera pas entre eux. Sauf que « ça marche ». Eblouis par cet imprévu, ils ne savent pas s'en débrouiller et préfèrent rompre. Mais le regret les rattrape. C'est aussi une réflexion sur les deuxièmes chances. Sait-on les saisir ? Sont-elles vouées à l'échec ?
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 12/09/2014

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