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Bernard Alane
D.R.
Le Sire de Vergy mis en scène par Alain Sachs...
Attention, chef-d’œuvre !
Cinquante représentations triomphales en 1903, jamais rejoué tel quel depuis... Les Bouffes-Parisiens retrouvent leurs origines avec les successeurs d'Offenbach.
Les fameux vaudevillistes Robert de Flers et Gaston-Arman de Caillavet avaient déjà triomphé aux Bouffes-Parisiens en 1901 avec le compositeur Claude Terrasse dans leur premier opéra bouffe, Les Travaux d'Hercule. Le trio ainsi consacré prenait la relève du trio infernal du Second Empire : Offenbach, Meilhac et Halévy. Ils récidivent en 1903 aux Variétés avec Le Sire de Vergy, œuvre moyenâgeuse et loufoque à souhait, qui connaît le même succès. Vergy n'a été repris qu'une fois, au début des années 60, mais dans une version cabaret accompagnée au piano (avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault !). L'œuvre n'ayant jamais été enregistrée, nous voici à la veille d'une quasi-création, un siècle plus tard !

Flers et Caillavet de nouveau à l'honneur, un siècle après


On a redécouvert il y a vingt ans les petites opérettes d'Offenbach, c'est à présent Flers et Caillavet qui ont le vent en poupe. Anne-Marie Lazarini a remonté leur Habit vert aux Artistic-Athévains, Pierre Barillet leur consacre une biographie, Les Seigneurs du rire (éd. Fayard), et c'est maintenant au tour du Sire de Vergy - en attendant d'autres chefs-d'œuvre tels que le pétillant vaudeville de 1908, Le Roi.

60 costumes, 18 personnages, 6 musiciens sur scène, 4 décors : une grosse machine à rire...
Pascale Bordet a fabriqué et déniché des costumes somptueux afin de restituer l'atmosphère moyenâgeuse de Vergy. Pour les décors, Guy-Claude François a réalisé un merveilleux montage qui rappelle les livres en relief pour enfants, dont les pages se déploient en s'ouvrant : les musiciens seront juchés sur des livres, et un grand parchemin déroulera les quatre décors en trompe-l'œil, où des trous ouvriront sur un château ou une forêt. Patrice Peyrieras a adapté la partition (prévue initialement pour un orchestre) pour une formation de chambre.
Ne reste donc « plus » pour les acteurs qu'à intégrer le texte des parties parlées, le jeu, le chant et les chorégraphies... et la féerie opérera !

Bernard Alane


Comédien et chanteur de panache, il interprétera le Sire de Coucy, une « parodie de séducteur fatigué ». Mais ne vous y fiez pas. En pleine forme, Bernard Alane est, comme toujours, juste et surprenant. Capable de tout jouer, cet homme-là est de l'étoffe des monstres sacrés.

On a toujours en mémoire sa prestation extraordinaire dans Silvia, en 1996. Récemment, on a pu savourer sa voix de baryton Martin enjôleur dans La Cage aux folles, à Mogador (Renato). Chez lui, la scène est une histoire de famille : sa mère, Annick Alane, fait une carrière retentissante, et sa sœur Valérie est aussi comédienne. Bernard fut plutôt précoce : sorti du Conservatoire à 20 ans, il a été pensionnaire à la Comédie-Française. Il fut Zadig et le Camille du Soulier de satin, montés par Jean-Louis Barrault, mais aussi l'ancêtre congelé d'Hibernatus, aux côtés de Louis de Funès !

Il est venu tard au chant (on jurerait le contraire à l'entendre), qui représente aujourd'hui la moitié de son travail sur scène. C'est à Londres qu'il a travaillé la comédie musicale - et décroché au passage un Award (le Molière londonien). Dans Vergy, il retrouve Fabienne Guyon : ils jouaient (et chantaient) déjà ensemble dans Peter Pan et Kiss me Kate. Il lui tient à cœur de « dépoussiérer » l'opérette en France et d'apporter le dynamisme des comédies musicales anglo-saxonnes dans ce spectacle culte de la Belle Époque...

Alain Sachs


L'ingénieux metteur en scène du Quatuor et l'artiste aux mille talents réalise un vieux rêve en montant « Le Sire de Vergy ».

On n'en finirait plus d'évoquer les métamorphoses de cet homme de spectacles : metteur en scène (du Quatuor, du Passe-Muraille de Michel Legrand et d'Accalmies passagères, tous les trois récompensés aux Molières), auteur (une dizaine de créations, mais également pour les « Guignols de l'info »), comédien (dans son one-man show Fou d'amour ou dans La Belle Verte de Coline Serreau), compagnon de Laurent Ruquier pour Dans tous les sens.

Parmi d'autres bijoux endormis de la Belle Époque, il avait repéré Vergy quelques années auparavant, et un ami pianiste lui avait déchiffré les 21 « tubes » de l'œuvre, dont il raffole. Jean-Claude Brialy l'accueillant pour la fin de la saison aux Bouffes-Parisiens, et la Ville de Paris le soutenant dans son projet, il a finalement rassemblé les comédiens-chanteurs auxquels il avait aussitôt pensé : Jean-Paul Farré (Vergy), Fabienne Guyon (Gabrielle) et Bernard Alane (Coucy).

Il mariera donc sa « jubilation à raconter des histoires sans les mots » éprouvée avec le Quatuor, et son émerveillement à faire fonctionner la mécanique du vaudeville (il a monté l'an dernier Un fil à la patte de Feydeau). Voilà qui promet...
Zoom par Vincent Goupy
Paru le 01/05/2000

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