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Didier Caron
D.R.


Les Nombrils
au Théâtre Michel
Son auteur, Didier Caron, un habitué de nos colonnes est aussi comédien, metteur en scène et directeur du Théâtre Michel.
Le pitch ?

Une troupe de comédiens en tournée préparatoire du festival d'Avignon, peaufine une pièce russe à laquelle ils ne comprennent rien... en espèrant qu'elle va enfin leur offrir la notoriété tant attendue.

Humour et tendresse sont au programme, l'auteur s'étant amusé à « brocarder un certain théâtre intello, des comédiens qui se prennent très au sérieux, handicapés au quotidien car trop tournés sur eux-mêmes et des situations et problèmes rencontrés en tournée». Certains ont un ego et une soif d'être aimés surdimensionnés, d'autres étant carrément aigris. «Pathétiques et donc drôles, ils sont aussi touchants car tout en douleur».

L'auteur


L'auteur n'y oublie pas de rappeler «tout le bien que nous apportent les acteurs : de bons moments, le rêve, l'oubli de nos soucis...». Les directeurs d'hôtels dans lesquels ils font halte, ne sont pas, par essence, des gens du métier. Ils sont un «regard extérieur, tour à tour fan ou critique». En passant d'une région à une autre, le décor des halls d'hôtels s'agrémente d'éléments caractéristiques et Philippe Gruz qui figure tous les directeurs d'hôtels, prend divers accents régionaux. «J'ai ainsi voulu donner au spectateur l'impression de se promener à travers la France, y compris en Corse, et en Belgique».

Didier, vouloir être aimé pour un comédien, ça veut dire vouloir être vedette ?
Dans l'esprit de beaucoup, oui. Pour certains, c'est le but ultime. Je pense que c'est une erreur totale ! Le soir, on est acclamé, on vous dit que vous êtes le meilleur... C'est très bien mais le lendemain, les compteurs se remettent à zéro, il faut à nouveau faire ses preuves pour trouver cette dose d'amour. Restant inassouvie, cette quête de reconnaissance est un leurre. Bien sûr, il y a aussi des comédiens qui veulent avant tout jouer un personnage, défendre une histoire. Pour moi, c'est ça le sens de notre métier !

Vous, avez-vous, en tant que comédien, senti cette douleur de ne pas être mieux compris, voire mieux aimé ?
Je pense qu'il ne faut pas chercher à réparer sur scène une douleur narcissique. Pour ça, rien ne vaut une bonne analyse ! (rire) Des comédiens qui tentent de résoudre ou de réparer quelque chose par la reconnaissance du public et de la profession, j'en connais... et j'en ai fait un personnage...

D'habitude, vous revendiquez « un casting au plus proche des rôles ». Et là ?
Une fois n'est pas coutume, j'ai demandé à mes comédiens des compositions... car je pense que ceux-ci ne sont pas aussi atteints que mes personnages ! (rire)

Bruno Paviot

Reste qu'aux côtés d' Isabelle Ferron, Philippe Gruz, François Raison, Jane Resmond et Christophe Rouzaud, Bruno Paviot (qui a joué dans « Un pavé dans la cour » de Didier Caron) alterne sans cesse théâtre public et privé.

Bruno, cette pièce russe absconse et tous ces comédiens, narcissiques, aigris ou encore arrivistes, ça vous parle ?
J'avais un peu peur que cette pièce soit une charge contre le théâtre public ou un théâtre de recherche où, personnellement, j'aime travailler. Mais ici, seulement des comportements et des situations ridicules que Didier sait parfaitement tourner en dérision. D'ailleurs, nous en rions nous aussi !

Qui est votre personnage ?
Brice se prend très au sérieux. Bien que quadra, il se considère toujours comme un jeune comédien en devenir. J'en connais des comme lui, allant de stage en stage, à New York ou à Londres, mais ne jouant jamais car on sait, hélas, que ce métier est dur. Quant à la pièce russe - pamphlet pour le moins conceptuel- c'est une charge contre le capitalisme, profonde, engagée... mais impossible! Brice semble le seul à la comprendre... parfois. Le reste du temps, Il aime... le fait de ne pas la comprendre ! Angoissé par son art, il n'a qu'une envie, plaire... surtout à ceux qui pourraient lui apporter quelque chose... et à sa maman dont il est très proche ! Par contre, envers Astrid, jeune comédienne débutante, il est odieux et profondément méprisant.

Jane Resmond

Astrid est interprétée par Jane Resmond. Jane a toujours aimé se déguiser et jouer des personnages. Elle a trouvé sa voie en regardant les pièces à la télé. Depuis, elle navigue entre théâtre, téléfilms et cinéma (on l'a vue dans « L'assaut »). Pour elle, «l'important c'est de jouer. Peu importe où ! »

Jane qui est Astrid ?
Une comédienne très différente des autres. Elle ne vit pas pour le théâtre, a une vie perso bien remplie -un copain, un chien- et son but est d'ouvrir un cabinet de voyance. Elle cumule théâtre, publicités, doublages de films érotiques et événementiel pour gagner sa vie et parce que ça l'amuse. De tous les protagonistes, c'est celle qui a le moins d'ego, qui est la plus légère, la plus gentille et qui se prend le moins au sérieux. Elle se fait souvent marcher sur les pieds mais ne s'en rend pas compte ou bien ça lui passe au-dessus de la tête. Autour d'elle par contre, tout est fausse gentillesse et fausse modestie. Seul l'égocentrisme est profond ! ».

Dans la pièce, il n'y a pas d'auteur parmi les personnages. Alors, comment se comporte l'auteur Caron quand il met en scène ?
B. P. : J'ai déjà travaillé avec des auteurs qui parlaient de la quintessence de leur génie ! C'est insupportable ! Pour Didier, l'important c'est le spectacle et l'histoire que l'on raconte tous ensemble. Loin d'être dans la sacralité de son texte, il est d'une grande humilité. Son texte est un matériau, au même titre que nous, que la musique, les décors, les costumes...
J.R. : Il est aussi comédien, même s'il ne joue pas avec nous, et c'est très intéressant car il sait exactement où il veut en venir et où il veut nous amener. Il voit nos failles et nous fait travailler dessus pour parvenir à ses fins. C'est un vrai directeur d'acteurs. Considérant que c'est l'intention qui prédomine, il ne nous reprend pas sur un mot en particulier et nous laisse une grande liberté d'expression et de proposition même si, c'est normal, c'est lui qui tranche. Donc, c'est aussi un travail d'équipe.
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 20/07/2014

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