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© Antonin Guidicci


Les Frangines
au Trévise
En 2003, en remplaçant Corinne Pujet dans « Arrête de pleurer Pénélope », Samantha Benoît a rencontré Juliette Arnaud (coauteur des deux opus de Pénélope). Devenues amies, Juliette et Samantha ont eu envie d'écrire et de jouer ensemble. « A deux, il n'y a pas d'échappatoire. L'intensité incroyable que ça donne m'a surprise et pourtant, de l'intensité, il y en avait dans Pénélope ! » précise Juliette.

Le pitch de « Frangines »?

Adèle (Samantha), la provinciale, débarque à l'improviste chez sa sœur Gabrielle (Juliette) qui, ayant fui sa famille et la province, vit à Paris. Elle veut la convaincre de venir à Goussagne (ville du Sud inventée) fêter Noël chez leurs parents. Débute alors une joute cocasse et féroce avec différences fondamentales, parents encombrants, secret de famille...


Juliette et Samantha nous livrent quelques réflexions sur la vie... qui ont sans nul doute alimenté leur pièce.


La fratrie ?
Juliette: Chez mon frère tout est rangé. Lorsque j'allais le voir à New York, je sentais que je contaminais son appartement. Il était à la fois ravi et dégoûté que je sois là.
Samantha: Le mien habite à Los Angeles ! Chez lui, il y a du bazar partout, mais quand j'arrive, c'est pareil !

Les parents ?
J. Dans la pièce, les deux sœurs sont d'accord pour dire du mal de leur mère. C'est typique d'une génération. On l'a vécu, on l'a vu autour de nous. Elevées par nos mère, c'est à elles qu'on s'est confrontées !
S. Pour caricaturer on pourrait dire : mon père ce héros et ma mère cette bonniche !

L'enfance ?
J. Gamine, comprenant que les adultes pipeautaient, j'ai commencé à les mépriser. Depuis, je fais tout pour que ça ne m'arrive pas. Je me suis bien débrouillée... je ne suis pas passée chez les adultes ! J'envie toujours les enfants dans leur poussette et cette capacité à se laisser happer par le jeu. Les chaises pouvaient voler autour de nous, peu importait, mon frère et moi, on jouait! S. Frères, sœurs, on partage tant de choses qu'une connexion reste effective, quoi qu'il advienne. Cette connivence évidente qui arrive sans crier gare, les « Frangines » la reçoivent comme une claque. Là, elles n'ont plus de mots et se retrouvent enfants.

Les non-dits ?
J. Je suis très très angoissée par ces choses qui, pas graves au demeurant, ont des conséquences gravissimes quand elles sont tues.
S. Les traumatismes peuvent venir de toutes petites choses. On peut bloquer toute sa vie durant sur ce qui n'a pas été énoncé clairement dans son enfance.
J. D'ailleurs, à un fait précis -qu'on ne dévoilera pas, mais qui est léger, rassurez-vous- nos « Frangines » n'ont pas attaché la même importance. L'une le nie même carrément. C'est paradoxal, on peut être sincère... dans le mensonge!

L'esprit de famille ?
S. Pendant longtemps, j'ai idéalisé la famille parce que la mienne était très unie. Aujourd'hui, regardant autour de moi, je me rends compte qu'une famille peut être salement gangrenée ! J. La famille n'est pas plus une valeur que la religion. Chacun la vit comme il veut. Et quand une famille est toxique, il faut s'en extraire... pour mieux se porter ! Mais ça peut aussi être délicieux...
Zoom par Caroline Fabre
Paru le 15/07/2014

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