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Lucas Henaff
© Bruno Perroud


"À chacun ses cendres"
Alice de La Baume & Lucas Henaff au Vingtième Théâtre
Un homme laisse derrière lui son amant hémiplégique, son ex-femme et ses deux filles. Celle qui lui était le plus attaché se dresse contre la bien-pensance familiale pour faire respecter ses dernières volontés. Alison Svoboda livre une comédie noire à l'humour british, mise en scène par Alice de La Baume et interprétée, entre autres, par Lucas Henaff.

Alice de La Baume, metteur en scène

Quels ingrédients de l'écriture d'Alison Svoboda vous ont particulièrement séduite ?
La pièce sonnait si juste que j'ai senti qu'elle devait être autobiographique. Les personnages sont si authentiques et farfelus que j'ai eu envie de les rencontrer. J'ai adoré la façon dont Alison distille cette atmosphère anglaise qui permet de rire de situations terribles. Ses dialogues saisissants donnent à la pièce un relief particulier, à la fois comique et cruel.

Pouvez-vous nous présenter le personnage central et ce que nous apprenons par son entremise de l'amour, de la famille, de la mort ?
En tant que fille adoptée, Wit soulève la question de ce qui fait une famille : les liens du sang, le quotidien partagé ou l'amour ? C'est à la mort de son père qu'elle devra faire face aux nœuds et conflits familiaux qu'elle avait fuis jusqu'alors, et ce deuil va lui permettre de guérir ses blessures et de se reconstruire.

Vous traitez cette intrigue comme s'il s'agissait d'un rêve. Dans quel univers les comédiens évolueront-ils ?
Le rêve apporte une certaine légèreté et permet aux spectateurs d'appréhender le point de vue de Wit. J'ai donc choisi que l'univers visuel évolue au rythme du rêve, passant d'un jeu de couleurs à l'irruption de l'absurde dans certains éléments du décor, pour gagner peu à peu le son et les costumes.

Lucas Henaff incarne les différentes facettes du "mammouth" administratif


Pour quelles raisons cette pièce a-t-elle retenu votre attention ?
La pièce, écrite il y a dix ans déjà, me semble d'une grande actualité car elle met en scène, à travers une écriture tranchée et tranchante, une famille peu orthodoxe (fille adoptive, père homosexuel...), minée non par l'artificialité de ses liens mais par l'impuissance de chacun à exprimer son désir d'amour.

Pourriez-vous nous présenter les personnages que vous incarnez ?
Je joue quatre personnages différents ayant chacun son caractère propre. En même temps, je n'en joue qu'un seul car tous ne font qu'incarner l'absurdité du système administratif, ce «labyrinthe que laissent les morts derrière eux» et qui contraste, en réduisant le défunt à une matière lucrative, avec la grande bataille du souvenir que se livrent ses proches.

Quelles impressions la troupe souhaite-t-elle laisser aux spectateurs à l'issue de la représentation ?
Il y a beaucoup de cruauté dans cette pièce mais aussi beaucoup d'amour. Il y a surtout beaucoup de distance ironique vis-à-vis des diverses douleurs, jalousies et frustrations développées par chaque personnage. J'imagine donc que nous aurons rempli notre devoir si la pièce accomplit ses vertus cathartiques sur le public.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 05/05/2014

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