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© Bénédicte Deramaux


Jean Bellorini, le théâtre comme fête
« Un musicien qui joue une note raconte autant qu’un acteur qui dit un mot. »
Alors qu'il vient d'être nommé à la direction du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, le metteur en scène Jean Bellorini reprend deux des spectacles qui l'ont révélé au public : "Tempête sous un crâne" (d'après Les Misérables) au Théâtre des Quartiers d'Ivry et "Paroles Gelées" (d'après Le Quart Livre de Rabelais) au Théâtre du Rond Point. Interview.
Quelles sont les points de rencontre entre Tempête sous un crâne et Paroles Gelées ?
Je crois que ces deux spectacles ont une utopie commune : une utopie de l'existence et du politique. La folie de croire dans une politique révolutionnaire dont fait preuve Victor Hugo dans Les Misérables est, d'une certaine façon, présente dans Le Quart Livre de Rabelais. Et bien que ces deux œuvres rendent compte d'écritures très différentes, elles partagent une même dynamique de la logorrhée, de la folie du langage. Dans Tempête sous un crâne, j'ai veillé à ne pas trop réduire le texte de Hugo, à garder un équilibre entre la musicalité et le fil narratif. En ce qui concerne l'œuvre de Rabelais, j'ai choisi de me concentrer sur Le Quart Livre.

Que représente, pour vous, la musique — élément qui occupe une place fondamentale dans vos spectacles ?
La musique est un moyen, pour moi, de traverser les œuvres, de les rendre encore plus directes. Car elle permet d'accéder à la dimension universelle des émotions. Les musiciens sont présents avec nous dès le premier jour des répétitions. J'ai toujours pensé qu'un musicien qui joue une note raconte autant qu'un acteur qui dit un mot. Dans mes spectacles, la musique intervient comme un souffle. Elle n'est pas illustrative. Nous travaillons à ce qu'elle soit complémentaire au théâtre, intimement liée à lui. Le battement de cœur des acteurs, pour moi, c'est la musique.

Comment pourriez-vous définir les engagements artistiques de votre compagnie, la compagnie Air de lune ?
Nous souhaitons créer, comme je viens de l'évoquer, un théâtre le plus direct possible, un théâtre profondément populaire, au sens le plus noble du terme. Nous cherchons toujours à faire en sorte qu'il n'y ait pas de filtre entre les spectateurs et les comédiens, à rendre l'œuvre perméable. Nos spectacles doivent pouvoir parler à tout le monde : aux intellos, aux passionnés de théâtre, mais aussi à tous ceux qui n'y sont jamais allés.

L'idée de fête est également très présente dans vos créations...
Oui, nous assumons, comme une forme de résistance, cette volonté de faire la fête, d'inscrire nos créations dans des dimensions profondément joyeuses et vivantes. Même lorsque l'on raconte des choses dures, sombres, c'est la joie de partager, ensemble, un moment de théâtre, qui doit être au centre de la représentation.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 08/04/2014

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