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© Bruno Perroud


Marc Saez
Pour un théâtre qui réveille les consciences
C'est au Vingtième Théâtre, que Marc Saez, après un succès notoire au Festival d'Avignon, nous propose cette nouvelle création «A nu», dont il signe l'adaptation et la mise en scène. Helmi Dridi y intreprête un des personnages principaux
Tout a commencé par un coup de coeur : « Un téléfilm de Sydney Lumet, produit par HBO et écrit par Tom Fontana, auteur et producteur des séries Oz et Borgia. Ce film, qui traite de la privation de liberté, m'est apparu comme un excellent sujet pour une adaptation au théâtre. Via le réalisateur et l'auteur qui m'ont mis en rapport avec HBO, j'ai pu obtenir les droits d'adaptation et de production pour le théâtre. Nous avons alors créé À NU en Avignon à l'été 2012. La pièce a été un formidable succès et une belle aventure humaine, puisque Tom Fontana, qui est venu assister à la première et en est reparti enthousiasmé, m'a par la suite proposé de jouer en tant qu'acteur dans la saison 3 de Borgia. J'ai souhaité révéler le fort potentiel émotionnel du film en en faisant un huis clos : deux interrogatoires, l'un aux Etats-Unis, symbole du pays occidental libre, et l'autre en Chine, symbole de la dictature communiste, avec les mêmes dialogues mais des méthodes qui diffèrent. Le spectateur est plongé au cœur des cellules antiterroristes de la C.I.A., je voulais une mise en scène moderne et cinématographique qui entraine le public dans un suspense intense et pousse au questionnement : jusqu'où doit-on aller pour obtenir des aveux ? Que reste-t-il d'une démocratie lorsqu'elle bafoue les droits de l'homme ? Contrairement au film, où les deux interrogatoires sont identiques, j'ai conservé cette idée d'un même texte au mot près, mais préféré insuffler des rythmes différents : en Chine c'est un combat d'échecs, aux US un combat de boxe.»

Le théâtre, contrairement au cinéma, rend les choses plus épidermiques : « Le titre n'est effectivement pas anodin. Je voulais que le spectateur s'identifie à ces deux individus privés de leurs droits, et littéralement mis à nu. Je n'aime pas la nudité gratuite mais ici elle s'impose. Dans ces interrogatoires, on casse les gens psychologiquement puis on en vient ensuite à l'humiliation physique. On tente de déposséder l'individu de ce qu'il est intimement afin d'obtenir ce que l'on veut. Alors oui, c'est une pièce profonde et marquante, mais je pense que c'est aussi ça que les gens veulent voir aujourd'hui. Depuis la création de notre compagnie, notre préoccupation première est de faire du théâtre à la fois populaire et engagé. Nous tentons de proposer un théâtre qui parle à toutes les générations et à tous les types de publics. Nous souhaitons aussi attirer les jeunes générations avec des spectacles qui parlent de leur temps, pour qu'ils aient envie d'y aller comme ils vont au cinéma. En tant qu'artiste, une responsabilité nous incombe, celle de proposer un théâtre qui ose et qui pousse à la réflexion. »
Portrait par Samuel Ganes
Paru le 07/03/2014

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