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Cédric Colas
Bruno Perroud


"Chat en poche"
Anne-Marie Lazarini & Cédric Colas, à l’Artistic Athévains
Un parvenu parisien décide de s'offrir la voix du chanteur d'opéra le plus prisé du moment afin d'imposer l'œuvre musicale sans valeur de sa fille. Après son hommage à Maurice Ravel, Anne-Marie Lazarini met en scène son premier Feydeau, avec Cédric Colas dans le rôle du ténor malgré lui !
3 questions à Anne-Marie Lazarini

Quels sont les éléments de ce texte qui ont retenu votre attention ?
Chat en poche porte à la perfection l'art du quiproquo. J'ai été émerveillée par cet enchaînement inéluctable qui entraîne chez les personnages la perte de toute trace de réalité. C'est l'apothéose du nonsense que n'aurait pas désavoué le théâtre de l'absurde... ni même les surréalistes !

Vous citez Lewis Carroll et la folie du pays des merveilles. Souhaitez-vous mettre en abyme, à travers cette pièce, la démence dans laquelle une certaine bourgeoisie oligarchique nous oblige à vivre ?
La relecture d'Alice au pays des merveilles m'a donné la clef de la pièce : cette maison de fous où triomphe la normalité est ici celle d'une bourgeoisie qui ne se pose aucune question sur le monde, frustrée de ses rêves de gloire artistique. Feydeau en dresse un tableau corrosif, bien sûr, et entraîne tous ses personnages dans le creusement de la folie, sans aucune issue possible.

Dans quel cadre avez-vous choisi de faire évoluer la troupe ?
François Cabanat, scénographe, a conçu un espace qui "vacille et qui tangue où tout est vrai et tout est faux" pour citer Lewis Carroll ; où les repères de la maison ne sont pas ceux que l'on attend, où les couleurs des meubles s'éloignent de la réalité pour aller vers le rêve...


Cédric Colas est Dufausset

Quel regard portez-vous sur ce "Chat en poche" ?
Feydeau a écrit cette pièce à 26 ans et Tailleur pour dames à 24. Il a eu la plume mûre très tôt ! En témoigne la lettre qu'il écrivit à sa cousine vers l'âge de 9 ans où il décrit le poisson mangé à midi : dans ce courrier incroyablement drôle, pertinent et magnifiquement écrit, tout son humour et son sens de l'observation ont déjà éclos. Il maîtrise tellement ses textes que chaque « ah ! » ou « eh bien ! » sont à leur place.

Pourriez-vous nous présenter le personnage de Dufausset ?
Dufausset est un jeune homme qui va se retrouver hébergé avec une belle pension parce qu'on le prend pour un grand ténor... alors qu'il vient simplement étudier son droit à Paris ! Il n'a pas du tout conscience du quiproquo qui va créer la pagaille dans la maison. Je le vois comme un chérubin, un jeune adulte grisé par sa "montée à Paris".

Après Brecht, Vinaver et Marivaux, vous retrouvez Anne-Marie Lazarini. Qu'appréciez-vous chez ce metteur en scène ?
Anne-Marie a le sens de l'humour et l'œil qui pétille ! Elle nous offre aussi le luxe de répéter dès le premier jour dans le décor de ses pièces. Très hégélienne, elle nous fixe nos (relatives) chaînes grâce auxquelles nous pouvons nous épanouir en toute liberté.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 27/03/2014

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