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© Line Nieszawer


Evelyne Dandry
Comédienne dans l’âme
C'est aux côtés d'Eddy Mitchell et de Fred Testot, qu'Evelyne Dandry joue sur la scène du Théâtre de Paris dans cette adaptation théâtrale du célèbre film «Un Singe en Hiver».
Evelyne, revenons déjà sur votre parcours.
Vous savez je ne suis pas une star, mais j'ai la chance d'avoir toujours travaillé, toute ma vie. Je suis plus une comédienne de théâtre qu'une actrice de cinéma, à l'époque de la nouvelle vague on ne prenait pas les gens du théâtre pour le cinéma d'ailleurs. Une carrière c'est un parcours, qui est fait de rencontres et aussi d'actes manqués. Je me rappelle de Pierre Mondy qui me disait tout le temps : « dans ce métier il faut vingt pour cent de talent et quatre-vingt de chance ! » Moi du haut de mes vingt-quatre ans, ça me rendait folle - et le temps m'a montré qu'il avait raison. Cependant j'ai récemment pris beaucoup de plaisir à jouer dans le film de Valérie Lemercier, 100% Cachemire, ou on me reparle souvent du film de François Ozon, Sitcom, où je jouais une mère quelque peu atypique. J'ai fait aussi de la télé, même si selon les époques ce n'était pas toujours bien vu, mais je reste surtout une artiste de scène. J'ai commencé très jeune, j'avais quinze ans. Dès l'enfance je suivais mon père (le chanteur André Dassary) qui faisait des galas et j'aimais monter sur scène, ça m'attirait. J'ai arrêté l'école pour me consacrer au piano, et j'ai pris des cours d'art dramatique à côté. Au bout de quelques mois, un metteur en scène cherchait une jeune femme pour une pièce et j'ai été prise, et après ça s'est enchainé, jouant souvent des amoureuses, ces jeunes premières douces et gentilles jusqu'aux mères. Aujourd'hui c'est un peu différent, je suis à un âge difficile pour trouver des rôles pour une femme - on n'est plus désirable et pas encore assez vieille pour les vieilles femmes. Et là je suis très heureuse que Stéphane Hillel ait pensé à moi, car ce rôle est très profond et émouvant - d'autant que c'est Suzanne Flon qui le jouait au cinéma et que je l'aimais beaucoup.

La pièce est une adaptation du film ?
Stéphan Wojtowicz, qui a fait l'adaptation pour le théâtre, est parti du roman d'Antoine Blondin, auquel il a bien sûr repris du film d'Henri Verneuil quelques dialogues redoutables de Michel Audiard. Il y a donc des scènes que vous n'aurez jamais vues dans le film. Sinon le contexte historique a été gardé, on est en 1958, dans ce petit hôtel de village. Volontairement j'ai refusé de revoir le film. C'est une belle histoire sur l'amitié de deux hommes, chaque personnage est très beau - le mien est celui d'une femme amoureuse de son mari, qu'elle a connu très jeune et qui en même temps a beaucoup souffert de son addiction à l'alcool. Depuis il lui a promis d'arrêter, de se ranger, jusqu'au jour où un jeune homme arrive et lui rappelle l'insouciance de la jeunesse. C'est donc un rôle tout en retenu, qui a peur pour celui qu'elle aime tout en comprenant ce qu'est la nature humaine, avec ses failles. J'aime cette phrase qui est dite à un moment dans la pièce « ces femmes il faut les comprendre, elles attendent un homme et en voient arriver un autre ». C'est aussi en ça que cette pièce est belle car en filigrane elle parle de l'humain avec beaucoup d'humour et de subtilité.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 04/04/2014

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