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© Bruno Perroud


Josiane Pinson
« Les vaisseaux du cœur » Au Petit Montparnasse
Après « PSYcause(s) », Josiane Pinson nous offre l'adaptation théâtrale d'un roman de Benoîte Groult. Sous la direction de Jean-Luc Tardieu, la comédienne y incarne une intellectuelle parisienne irrésistiblement attirée par un marin breton, campé par Serge Riaboukine.
Pour quelles raisons la pensée de Benoîte Groult vous séduit-elle et pourquoi avoir choisi "Les vaisseaux du cœur" pour lui rendre hommage ?
Les romans de Benoîte m'accompagnent depuis mon plus jeune âge. Je me retrouve en elle. Je me sens son héritière dans son insatiable quête au féminin. Elle a tracé la voie à la femme, l'auteure et la comédienne que je suis aujourd'hui. Son œuvre est comme un feuilleton en quinze épisodes ! Elle avance, et nous avec elle, sur le chemin de l'émancipation et de l'épanouissement. Les vaisseaux du Cœur est sans aucun doute son livre qui me touche le plus, probablement parce qu'il fait écho à mon histoire personnelle.

Quels éléments de ce roman avez-vous choisi de mettre en relief ?
L'improbable et pourtant sublime histoire d'amour qui unit ces deux êtres que tout sépare a priori. J'ai délibérément occulté les autres personnages (épouse et maris inclus !) pour ne m'attacher qu'à cette passion dévorante née d'une rencontre entre deux corps.

Quelles couleurs allez-vous donner au personnage de George, et Serge Riaboukine à celui de Gauvain ?
George est une intellectuelle. Elle a les outils pour analyser ce "désir déraisonnable". Et malgré tout, elle ne peut y résister et se mue en adolescente éblouie dès que sa peau prend le pas sur l'analyse. Je dois donc être ces deux femmes à la fois ! Quant à Gauvain, c'est un rustre. Entier. Droit. Coupable d'être infidèle... mais fou d'amour. Et démuni devant ce désir qui le dépasse. George et Gauvain, c'est l'amour jusqu'au déchirement. La culture contre l'inculture. La fusion charnelle qui annule toutes les distances, toutes les frontières.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de confier la mise en scène de votre adaptation à Jean-Luc Tardieu et dans quel décor vous fera-t-il évoluer ?
Jean-Luc a la générosité, l'implication, l'intelligence du cœur et l'exigence nécessaires pour nous guider dans ce vertige amoureux tout en subtilités, ruptures... et impudeur. Le très beau décor épuré et intemporel de Pierre-Yves Leprince nous invite à traverser trente ans de lits d'amour, de séparations et de retrouvailles, comme sur l'écran du temps.

Lorsque le roman parut en 1988, on pouvait parler du "triomphe de l'épanouissement personnel" face à la tradition. Malheureusement, cette quête de soi, très vite orientée politiquement vers un matérialisme à outrance, n'a-t-elle pas conduit à un asservissement de l'individu ?
La quête de soi me paraît être une histoire d'âge. À 20 ans, on fonce. À 30, on fait un premier bilan. À 40, notre recul sur la vie nous invite à donner du sens à notre existence pour trouver notre juste place et défendre les valeurs qui nous sont chères. Le matériel se trouve alors relégué au second plan. En tout cas moi j'y crois !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 09/02/2014

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