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© Bruno Perroud


Jean-Claude Dreyfus… face à Einstein.
Sous la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt et la direction de Steve Suissa, c'est un duo de choc qui se créé pour « La trahison d'Einstein » au Théâtre Rive Gauche, composé de Francis Huster et Jean-Claude Dreyfus, accompagné de Dan Herzberg.
Jean-Claude, c'est la première fois que vous allez jouer aux côtés de Francis Huster ?
Non, je l'ai connu il y a près de trente ans. Il montait le Cid, où il jouait un magnifique Rodrigue. Ayant eu un désistement sur Don Gormas, il m'en avait proposé le rôle. Ce n'était que pour trois dates en province et c'était la première fois que je jouais un texte en alexandrins - c'est un souvenir particulier. Francis est un être adorable, que j'ai vu évoluer, et il a toujours gardé cette nature très « bosseur », notre duo va être intéressant, passionnant car mon vagabondage instinctif se mariera parfaitement. Francis a fait un vrai travail de recherche sur la vie plus intime d'Einstein, qu'il interprète, ce qui a d'ailleurs influencé l'auteur à réécrire certaines parties du texte - c'est une vraie création, avec une belle interaction au sein de cette équipe. J'y joue un vagabond qui rencontre Einstein à son arrivée à New-York dans les années trente. C'est une pièce qui traite du rapport humain, sur cette amitié improbable qui se noue entre ces deux marginaux.

Vous jouez souvent des marginaux au fond, c'est quelque chose qui vous plait ?
Je ne sais pas, et au fond on est tous le marginal de quelqu'un. Vous savez j'ai commencé prestidigitateur à quinze ans, suis parti très tôt de chez mes parents, puis je suis rentré dans le cabaret travesti La Grande Eugène où je suis resté pendant huit ans. Du cabaret à la scène du théâtre, puis le cinéma, j'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu cette belle opportunité aussi d'être Monsieur Marie, ces publicités m'ont mis à l'abri pendant longtemps. Du coup j'étais plus vigilant, de Delicatessen à Deux Frères, en passant par L'Anglaise et le Duc, j'ai toujours pu choisir mes rôles. Pour Un long dimanche de fiançailles par exemple, j'ai demandé à Jean-Pierre Jeunet de prendre un autre rôle que celui dans lequel il m'avait distribué à la base, que je trouvais plus intéressant, mais têtu et sachant ce qu'il voulait, j'ai baissé les bras et en fus fort content....

Vous avez d'autres projets ?
Quand on cumule le cinéma et la scène, il est toujours difficile de planifier, car on doit parfois faire des choix, et il arrive aussi qu'un rôle vous tombe dessus du jour au lendemain, dans ce métier rien n'est prévisible. Cependant je pense reprendre mon spectacle « d'hommage sans interdit(s) » d'après des textes de Devos, en tournée pour la troisième fois, le jouer en France, Belgique, Suisse et je rêve secrètement de le jouer aussi dans ce petit théâtre francophone à Los Angeles. J'aime aussi les lectures pour faire découvrir des textes rares.?Par exemple, il y a ces nouvelles de Zola L'inondation et Pour une nuit d'Amour.?Je lis ce premier, accompagné de N.Ehrestmann à la guitare électrique , puis je lis le début de la seconde sans la finir (suspense) et j'invite ensuite le public à aller acheter le livre (qui existe chez Folio a 2€) pour en connaître la suite - car c'est en ça que j'aime être ce vecteur d'art, et susciter ce désir artistique aussi chez les gens, être proche d'eux, moi j'aime ça.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 19/02/2014

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