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Clément Poirée
© Milla


"Homme pour homme" au Théâtre de la Tempête
« J’aime l’appétit dévorant de Brecht, sa capacité à nous tenir en éveil. »
Après « Dans la jungle des villes » en 2009, le jeune metteur en scène Clément Poirée revient au Théâtre de la Tempête avec cette nouvelle pièce de Bertolt Brecht, une fable burlesque qui « déshabille l'homme de sa plus grande illusion » avec Benjamin Wangermée.
Qu'est-ce qui a été fondateur dans votre projet de mettre en scène Homme pour homme ?
Je me suis souvent posé cette question un peu vertigineuse : qu'ai-je, aujourd'hui, en commun avec celui que j'ai été ? J'ai encore de nombreuses attaches avec mon passé (familiales, amicales, professionnelles, géographiques), mais intimement je ne suis plus du tout le même. Dans Homme pour homme, j'ai retrouvé cette interrogation. Cette fable burlesque déshabille l'homme de sa plus grande illusion : la personnalité sacro-sainte et immuable. Je trouve passionnant de se poser ces questions, de chercher à savoir ce qu'il reste du passé. Rien ? Les désirs ? Les possibles ?

Que dire de plus de cette pièce à ceux qui ne la connaissent pas encore ?
C'est une comédie initiatique qui joue de notre curiosité avec gaieté et légèreté. Il ne s'agit pas d'une pièce politique, mais d'une fable métaphysique passionnante : quatre soldats ivres tentent de piller une pagode aux confins du Tibet. L'un d'eux reste piteusement coincé. Pour éviter les foudres de leur sergent, les soldats doivent trouver quelqu'un pour le remplacer. Galy Gay passe par là. C'est un homme qui ne sait pas dire non... De cette rencontre va naître « un monstre ». Car à force de jouer un rôle, Galy Gay va devenir un autre. Mais, cette métamorphose n'est pas essentiellement négative. Homme pour homme cherche avant tout à éclairer le trajet d'un homme mis a l'épreuve de ses possibles.


« Homme pour homme » est la seconde pièce de Brecht dont vous vous emparez. Qu'est-ce qui vous lie à l'écriture de ce dramaturge ?
J'aime son appétit dévorant, sa capacité à nous tenir en éveil. Avec un grand sourire — mi-gangster, mi-familier — il nous invite à nous intéresser à des fables agencées de façons étonnantes, mais au fond très simples. Brecht est un sceptique joyeux. C'est ce que j'essaie moi-même d'être.

Quel est votre parcours artistique ?
J'ai découvert le théâtre avec Philippe Adrien. Je continue d'ailleurs à travailler régulièrement avec lui. J'ai mis en scène Kroum l'Ectoplasme puis Meurtre de Hanokh Levin. Par la suite, j'ai monté Dans la jungle des villes de Brecht et Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare. Je me rends compte que ces choix, bien qu'instinctifs, s'inscrivent tous, chacun à sa manière, dans une tentative de désillusionnement. Tous concourent à « couronner le présent et douter du reste » comme disait Shakespeare.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 30/01/2014

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