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© Bruno Perroud


Élisabeth Amato
« Derrière l’illusion toute la magie de la vie »
Elisabeth, comment êtes-vous venue à la magie ?
Déjà toute petite, je voulais être comédienne ou petite sœur des pauvres, j'avais cette envie et ce besoin d'être tournée vers les autres - et je suis devenue magicienne et psychologue. Au lycée je séchais les cours et j'allais parler avec les gens du café d'en face pour régler leurs problèmes. Je faisais de l'astrologie sauvage, des lignes de la main, de la morphopsychologie - c'était intuitif ! Puis j'ai fait médecine pour faire psychiatrie et sur mon chemin j'ai croisé la magie par hasard - si tant est qu'il existe vraiment. J'ai commencé à travailler avec des cartes, il s'est trouvé que j'étais douée, mais j'ai arrêté : je me suis mariée, j'ai fait des enfants - ce qui est la plus belle des magies. Tout aurait pu s'arrêter là. Un jour, je croise furtivement deux vieux amis magiciens - j'aurais pu les manquer à quelques secondes près - encore le hasard ? L'un d'eux me dit qu'il va à Vegas pour un congrès où seront présents tous les grands maîtres ayant inventé toutes les techniques que j'avais travaillées. C'était une évidence : je devais y aller, choisissant ainsi malgré moi une nouvelle vie. Mon premier spectacle Tours et détours parlait justement de cette époque où ne parlant pas très bien anglais, j'ai répondu innocemment un « yes of course » et me suis alors retrouvée à devoir faire des tours devant les quatre cents plus grands magiciens du monde, avec les écrans géants, la peur au ventre. Après ce moment-là, j'étais une autre. Je suis rentrée à Paris, j'ai gagné l'année suivante un concours mondial de cartomagie et décidé de devenir professionnelle, commençant par les petits restaurants, puis les cabarets, ... en passant par les cours de Périmony, jusqu'à ma rencontre avec Michel Vuillermoz, puis mes débuts au théâtre.

Revenons maintenant sur le spectacle actuel.
C'est toujours difficile pour moi d'en parler car c'est inétiquetable. C'est un one-woman-show avec une partie très écrite et une autre très ouverte à l'improvisation, très ouverte en fait au public, à cette écoute. Je suis très sensible à cette forme de communion que j'ai avec les spectateurs, c'est un échange intimiste, simple, drôle, ... Ce qui m'intéresse c'est ça : partager ce moment ensemble. J'ai un outil fantastique qui s'appelle la magie et qui me permet d'aller direct à l'enfant en chacun, je ne lutte contre rien. L'émerveillement est un sentiment génial et assez rare au fond. En tant que magicienne, je suis la fée, la sorcière, j'invite à un monde poétique, rempli d'humour et profondément humain. La magie ce n'est pas ce que je fais, c'est ce que je suis, ce que nous sommes tous ensemble et chacun à sa façon. On m'a dit un jour « vous vous servez de l'illusion pour faire de la vraie magie, celle de la vie » et ça résume bien, je pense, ce que j'essaie de faire à la scène comme dans ma vie ... juste être.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 24/11/2013

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