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© Bruno Perroud


"Homme et galant homme"
au Théâtre 14
En tournée, une troupe de comédiens miséreux cultive l'art de la débrouille pour illuminer son quotidien... C'est Homme et galant homme, de l'auteur napolitain Eduardo De Filippo, mis en scène au Théâtre 14 par Patrick Pelloquet.
Il y a Gennaro, le chef de troupe, qui vit avec la jeune première Viola, largement enceinte. Il y a Vincenzo et Florence, deux comédiens, Attilio, le souffleur, Alberto, le jeune et riche impresario de la compagnie, épris de Bice sans savoir que sa maîtresse est l'épouse du comte Carlo Tolentano. Ils répètent, cuisinent, font la lessive, vivent au sein d'un modeste hôtel de Bagnoli, près de Naples. Dans ce vaudeville haut en couleur, Edouardo de Filipo «donne une dimension universelle à une réalité quotidienne faite de misère et de noblesse ».

«Petit-fils spirituel de Goldoni qui avait fait tomber les masques de la commedia dell'arte, fils naturel de Eduardo Scarpetta, immense vaudevilliste Napolitain, Eduardo De Filippo s'est nourri des œuvres de ses pères pour nous offrir un répertoire peuplé de personnages insolites et émouvants, dont la grandeur tragique s'affirme dans les rires d'un humour grinçant », explique Patrick Pelloquet. Compositions typées, décor tournant, esthétique des années 1950 : le metteur en scène investit le « théâtre dans le théâtre », amorce la spirale de la folie, pour tenter de réinventer, à l'instar de l'auteur napolitain, une « commedia dell'arte moderne ».

3 questions à...
Thibaut Lacour, interprète d'Alberto


Qui est Alberto de Stefano ?
C'est un homme intègre, honnête et "galant", mais que les circonstances entraînent au cœur d'un mensonge dont il aura grand peine à s'extraire (mensonge dont il se sert pour protéger sa maîtresse et éviter au mari de celle-ci un scandale). Confronté, d'un côté, à une troupe d'acteurs médiocres et infréquentables, et de l'autre, à une famille d'aristocrates qui ne le sont pas moins, il simule la folie, se faisant par là le révélateur du mensonge et de la propre folie de ses interlocuteurs.

Quels sont, pour vous, les enjeux essentiels de ce personnage ?
Le principal défi à relever lorsqu'on est confronté à un personnage comme celui-ci est la sincérité. Jouer est un exercice qui nécessite d'être vrai, juste et crédible tout en restant spontané. Ici, il s'agit de jouer à jouer. Une mise en abîme se fait par le biais de la folie simulée. La question est « le personnage est-il un bon comédien ? ». La réponse est oui, évidemment, sans cela quel serait l'intérêt de l'interpréter ? Comme tout le monde, lorsqu'il s'agit de mentir pour sauver sa peau, on devient un excellent comédien, au point de se surprendre soi-même.

Que vous inspire la pièce de Eduardo de Filippo ?
Comme dans la plupart des comédies, il est question de se moquer avec tendresse et férocité des travers odieux et ridicules qui font de nous des animaux humains trop souvent grotesques. Dans la vie, les hommes se jouent la comédie. Au théâtre les comédiens se jouent des hommes. Quand, dans la vie, nous mettons des masques pour cacher la vérité, au théâtre nous en mettons pour la révéler. A chacun au fond d'en tirer une leçon.
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 13/09/2013

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