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© Bruno Perroud


Le fils du comique
Dans l’attente d’un humour héréditaire
Après la pièce «Le Comique» en 2008, Pierre Palmade nous revient sous les traits de Pierre Mazar dans «Le Fils du Comique» au Théâtre Saint-Georges, de nouveau sur scène entouré par les comédiens de sa troupe, dont Benjamin Gauthier.
Pierre, d'où vient votre désir d'écrire une « suite » au comique ?
Pierre : Au départ, j'avais envie de retrouver mon personnage Pierre Mazar, mon alter-ego sur scène depuis Le Comique. Ce qui m'a décidé et inspiré, c'est ma seconde envie, à savoir d'offrir des premiers rôles sur mesure à Camille Cottin et Anne-Elisabeth Blateau que j'admire depuis que je travaille avec elles au sein de ma troupe. Je les ai rapidement imaginées dans une histoire qui les mettrait dans une situation de compétition.

Et vous Benjamin, vous jouez l'amant du futur père ?
Benjamin : Oui je suis le compagnon amoureux de Pierre Mazar depuis huit ans. Danseur raté devenu chorégraphe. C'est un personnage très drôle qui garde de la distance sur tout. C'est marrant car Pierre nous faisait lire la pièce au fur et à mesure de l'écriture, nous demandant notre avis, nos retours, notre ressenti aussi. On a pu ainsi voir l'histoire avancer et les personnages s'étoffer. C'était à la fois excitant et émouvant de voir le projet naitre sous nos yeux et avec nous. C'est surtout rare et gratifiant pour un comédien d'avoir un rôle construit pour lui - d'autant plus par un auteur comme Pierre. Avec le recul, je me rends compte, malgré l'humour, de la profondeur et de la modernité de cette pièce. Sur ces sujets de l'homoparentalité et des mères porteuses, tout a été dit mais jamais de cette manière, jamais par ce prisme. Aujourd'hui, tout le monde revendique quelque chose - là, à travers cette pièce, on ne revendique rien, on est tout simplement.

Le nœud de l'intrigue repose sur le choix de la mère porteuse d'un homosexuel qui désire avoir un enfant - l'idée est-elle venue suite à l'actualité ?
Pierre : Absolument pas, et ça m'a même gêné qu'on puisse imaginer que j'allais surfer dessus, moi qui ai horreur d'utiliser des sujets d'actualité dans mes pièces. J'avais commencé à l'imaginer avant que le débat ne s'enflamme sur ce sujet. Et surtout l'homosexualité et l'homoparentalité sont complètement banalisées dans Le fils du comique alors qu'elles sont revendiquées dans ce fameux débat. J'ai quelques années d'avance je crois. Aujourd'hui, si vous voulez mon avis, les homos sont seulement tolérés et pas acceptés comme égaux des hétéros. Les projets de lois ont crispé d'ailleurs cette nuance. Mais je suis optimiste et tout ça fait clairement avancer les choses.

«13 à table», «L'Entreprise», «Les Malheurs de Rudy», «Les frères».?On ne compte plus les projets qui fédèrent les comédiens issus de «La Troupe à Palmade» et vos ateliers - avec maintenant plusieurs années de recul, quel est votre regard sur ce vivier de comédiens que vous avez réuni ?
Pierre : C'est bien par la scène, et moins à travers le projet premier, l'émission Made In Palmade à la télévision, que j'ai effectivement réussi ce que je voulais faire : re-créer un théâtre comique exigeant. Nous avons beaucoup de gens talentueux en France, mais il faut aussi beaucoup de travail, et chercher à se surpasser en chassant le déjà-vu, le sur-jeu et les répliques faciles. De vrais comédiens dans des textes solides. Ce n'est pas parce qu'on veut faire rire qu'il ne faut pas prendre ce genre au sérieux.
Benjamin : L'exigence, si il y a bien quelque chose que j'ai appris durant ces trois ans passés aux côtes de Pierre, c'est bien ça - se remettre et remettre le travail en question, et surtout à jouer avec ce qui est le plus près de moi sans chercher à être autre chose, quelqu'un d'autre, même en composant. Il est un très bon directeur d'acteur et un artiste doué d'une vraie sensibilité. Je suis très heureux et fier de sa confiance. Il a créé quelque chose d'unique avec sa troupe, on commence à tous bien se connaitre et c'est une chance extraordinaire de travailler dans de telles conditions. Pour cette pièce par exemple, c'était facile de mettre immédiatement corps, voix, intonation, respiration, détails à l'histoire et aux personnages - on gagne beaucoup de temps et la complicité est un atout majeur. Tous les projets auxquels j'ai participé depuis l'Atelier sont marqués d'un vrai sens professionnel et surtout ils restent avant tout de vraies aventures humaines.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 26/10/2013

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