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Julien Boisselier
D.R.


"Zelda et Scott"
au Théâtre La Bruyère
Cette pièce, écrite et mise en scène par Renaud Meyer, raconte l'histoire d'un couple mythique des années 20, Zelda (Sara Giraudeau ) et Scott Fitzgerald (Julien Boisselier), et leur amitié avec Ernest Hemingway (Jean-Paul Bordes).
Comment et pourquoi avez-vous eu envie de jouer cette pièce ?
Sara Giraudeau: J'ai besoin de rôles denses et nourrissants où je peux évoluer. À la lecture, je me suis dit que beaucoup d'autres jeunes comédiennes pouvaient jouer ce rôle mais ensuite non... en fait Zelda, c'est moi ! Elle me ressemble dans tout ce que je pourrais ne pas oser faire, les fantasmes, la folie que l'on voudrait avoir de temps en temps sans que cela soit possible car on vit en communauté.
Julien Boisselier: J'avais l'inévitable envie de revenir au théâtre puisque j'en viens. Encore fallait-il trouver le bon texte, les bonnes personnes... et Renaud m'a laissé un message téléphonique. Il avait une manière de s'exprimer, à laquelle j'ai été très sensible, et il m'a semblé familier alors que je ne le connaissais pas. J'ai lu la pièce en deux heures et je lui ai dit OK... pour son écriture et parce que j'ai beaucoup d'empathie pour les personnages autodestructeurs. Non parce que je le suis particulièrement mais parce qu'ils me touchent. Souvent émotionnels et passionnés, ils vont au bout des choses mêmes s'ils commettent des erreurs.
Jean-Paul Bordes: J'ai rencontré Renaud à la Comédie-Française où on a joué ensemble. Il y a deux ans, il m'a fait lire sa pièce et je l'ai fait lire à Sara pendant la tournée de Colombe, que nous jouions ensemble. Ce qui m'a intéressé, ce sont ses personnages, figures de la littérature. Et New York, les années 20 totalement débridées, les fêtes et l'argent qui dégouline. Et cette histoire d'amour et d'amitié qui commence dans la fête mais finit très mal.

Comment appréhendez-vous votre personnage ?
S.G. Zelda est une vraie femme et elle tient les rênes. Elle fait ce qu'elle a envie dans n'importe quelle situation, puis elle se perd. Elle dit « j'ai un cerveau d'homme dans un corps de femme » Je pourrais presque dire ça de moi. Ce rôle est une étape dans ma carrière car je joue une adulte... même si , à la fin de la pièce quand Zelda est internée, je reviens vers le monde intérieur de l'enfance qui, comme la schizophrénie, est un univers auquel personne n'a accès.
J.B. Un couple amoureux et, au milieu, Hemingway. Ils se sont brûlés les ailes assez rapidement mais ils ont vécu, créant une histoire. Cette pièce est un savant mélange entre ce que l'on sait d'eux et ce que nous avons envie de raconter, nous. Avec Sara, on est sur des gens impulsifs, passionnés, engagés. Scott est décrit comme quelqu'un d'assez féminin. On dit cela de moi. Je peux donc prendre des choses dans mon panier personnel, ce sans essayer de le cloner. J'aime aussi pouvoir explorer des états seconds. C'est le cas de Scott qui a construit sa vie avec l'alcool. Avoir cette contrainte comme partenaire de jeu en permanence est très intéressant. Il ne titube pas. Il est violent, excessif et passe très rapidement d'un état à l'autre. C'est festif à 20 ans, dangereux à 30 et pathétique à 40. Je suis sur ce travail-là.
J-P.B. Au début de la pièce, Scott est au faîte de sa gloire alors qu'Hemingway, jeune journaliste, a du mal à faire lire son premier roman. A 30 / 35 ans, il sort juste de la guerre de 14. Brut de décoffrage, façon éléphant dans un magasin de porcelaine, il cherche sa place. Je travaille sur ce moment de la vie d'un homme, un thème universel. Son amitié avec les Fitzgerald est basée sur la fête et l'alcool. Pas vraiment sympathique, les poussant dans leurs retranchements et ne les aidant pas à remonter -c'est le moins que l'on puisse dire !- Il les observe couler... puis les quitte, sans doute par instinct de survie. Pourtant, il finira lui aussi dans un sale état. C'est fou de tout avoir entre les mains et de tout dilapider ainsi !

Un dernier mot ?
S.G. C'est la première fois que je suis dans une petite équipe et je m'y sens bien. Pourtant, j'avais un peu peur de Julien. Je le connaissais juste à travers le cinéma et les acteurs ne s'adaptent pas forcément au théâtre. Je ne savais pas qu'il venait du théâtre, ça change tout !
J.B. Marguerite Gourgue, directrice du La Bruyère, a assisté à une lecture et nous a donné immédiatement les moyens de faire quelque chose à la mesure de ce que Renauld avait dans la tête. Merci à elle !
J-P.B.Nous avons une formidable colonne vertébrale : trois merveilleux musiciens du Manhattan Jazz Band en live !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 10/09/2013

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