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Didier Benureau
© Bruno Peroud


Mon beau-père est une princesse
Non ce n'est pas le titre d'un spectacle décalé pour enfants mais d'une comédie écrite par Didier Bénureau qui la joue, au Palais Royal, aux côtés de Michel Aumont, Claire Nadeau et Gaëlle Lebert.

Didier Benureau

Didier, est-ce votre première écriture de pièce ?
Non. La première, une œuvre de jeunesse très kafkaïenne, s'intitulait « la troisième jambe du carrosse », la deuxième « Maman donne-moi ton linge, je fais une machine », co-écrite et jouée avec Muriel Robin, a été créée en 1986 au Théâtre de Dix Heures. C'est donc la troisième.

Comment est-elle née ?
L'envie de me confronter, en tant que comédien, à un style d'écriture différent me trottait dans la tête depuis longtemps. Puis, l'idée est venue -un homme tombe amoureux d'un autre homme alors que ni l'un ni l'autre n'est homo-. Je l'ai ancrée dans le noyau familial pour exacerber la situation et j'ai écrit le rôle du père pour Michel Aumont... en m'inspirant un peu de mon propre beau-père. Ce dernier n'est pas encore au courant (Il le découvrira en voyant la pièce tout en se rendant bien compte que ce n'est pas autobiographique !). J'ai envoyé mon texte à Michel. Il m'a répondu très vite que ça le faisait beaucoup rire... mais il a hésité pendant trois ans. C'était risqué pour lui car il ne pratique pas tellement l'humour au théâtre. Il y est venu et maintenant il s'amuse beaucoup. Pour le rôle de la mère, très décalée, Claire est idéale. Gaëlle, que je ne connaissais pas du tout, m'a très rapidement convaincu lors d'un casting. Elle joue ma femme.

N'avez-vous pas eu la tentation de vous servir en priorité ?
Certes, je me suis demandé pourquoi je ne me distribuais pas un personnage beaucoup plus drôle, un peu hystérique à la Louis de Funès autour duquel je construirais une intrigue. La réponse est que ce qui m'intéresse le plus, c'est de raconter une histoire, dans laquelle je m'inclus bien sûr, mais sans en être la vedette. D'ailleurs le plus beau rôle ici est celui du beau-père et j'aurais même pu me donner un rôle pas comique... ce qui n'est pas du tout le cas ici.

Le thème principal, c'est l'homosexualité ?
Non, c'est l'idée qu'en faisant des choses politiquement incorrectes, on peut carrément voir la vie autrement. Ici, un baiser va radicalement changer celle des protagonistes.

On est dans le réalisme ?
Pas une seconde ! On nage dans l'absurde. Pourtant, je souhaiterais que le public ait envie d'y croire et se dise que c'est crédible... que ce le soit ou non...


Gaëlle Lebert

Benjamine de la distribution. Cette trentenaire originaire de Rouen, admissible à Normale Sup, préféra s'inscrire au Cours Simon. Bien lui en a pris car depuis, elle enchaîne les comédies à succès, dont « J'aime beaucoup ce que vous faites » à « Un pavé dans la cour » ou encore « A deux lits du délit ».

Vous jouez surtout dans des comédies. Est-ce un choix ?
C'est plutôt le registre dans lequel les metteurs en scène me voient mieux. Même si j'aime aussi les choses plus profondes, j'éprouve un bonheur fou à faire rire, c'est addictif. Ce qui m'importe surtout, c'est de jouer des auteurs vivants. J'ai ainsi l'impression de participer à une véritable création. C'est passionnant.

Quels sont vos sentiments envers les acteurs chevronnés qui vous entourent ?
Jouer avec ces gens de théâtre que j'admire depuis toujours, ça me faisait rêver. J'ai eu la chance d'arriver dès les premières lectures et de plonger immédiatement dans une ambiance de travail commune. Je suis cependant un peu le bébé de la troupe alors, parfois, c'est un peu dur de me faire entendre mais, en fin de compte je suis écoutée et, grâce à eux, j'apprends beaucoup.

Pour la mise en scène, Didier Bénureau s'est entouré de Catherine Hosmalin et de son complice Dominique Champetier. Comment se déroulent les répétions ?
Sous leurs trois regards ! Leurs discussions enrichissent le spectacle... même si le schéma pour y arriver est un peu sinueux. Mais travailler avec l'auteur qui a eu toutes ces idées géniales est une vraie chance.

Comment définiriez-vous votre rôle ?
Il est à la charnière de se qui se déroule entre mon mari (Didier Bénureau) et mon père (Michel Aumont). Témoin de leurs affrontements, je tombe des nues en permanence. Comme la situation est extrême et peu réaliste, il faut une sincérité de jeu absolue pour embarquer les spectateurs. Ils vont, j'en suis sûre, beaucoup rire car cette comédie décalée décoiffe tant elle flirte avec l'absurde.
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 25/09/2013

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