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© D. Pallagesf


Jean-Paul Farré
“Jean Ferrat et Léo Ferré ont nourri mes choix artistiques.”
Clown, musicien, poète, loufoque, créateur atypique, cet artiste est singulier au sens premier du terme, car je n'en connais pas d'autres comme lui. Certes, nous avons bien des spectacles de burlesque musical, mais pas comme les siens, puisque ce genre lui sert de support aux mots. Il présente aujourd'hui "Ferré, Ferrat, Farré" au Vingtième Théâtre.
Ferré était anarchiste, Ferrat communiste... et Farré?
Disons que je suis un humaniste ? Mais n'oublions pas que Ferré était un anarchiste... monégasque. Provocateur avant tout, il ne s'est jamais, contrairement à Ferrat, engagé... même s'il a soutenu des causes, comme les manifestants en Mai 1968, par exemple.

Pourquoi Farré a-t-il choisi Ferré et Ferrat ?
Ils m'accompagnent depuis mon adolescence. Ils m'ont fortement marqué. Ils ont nourri mes choix artistiques. La mort de Ferrat, en 2010, m'a beaucoup plus atteint que je ne le pensais. Alors j'ai eu envie de leur rendre hommage avec des chansons connues et d'autres totalement méconnues... sauf par ceux qui connaissent leur répertoire par cœur, évidemment. Et je ne raconte pas du tout leur vie.

Serez-vous au piano, si cher à votre cœur ?
Oui, mais beaucoup moins que d'habitude. La différence essentielle, c'est que je chante. J'ai toujours un peu chanté car j'aime la musique. J'ai participé à des spectacles de Kurt Weill, d'Offenbach, joué dans Le Sire de Vergy, mis en scène par Alain Sachs... J'ai même fait un tour de chant, avec mes propres chansons... il y a longtemps. On me reconnaît une bonne voix... que je ne travestis en aucune façon pour la faire ressembler à celle de Ferré ou de Ferrat. D'ailleurs, je ne cherche pas à leur ressembler... même si Ferré et moi avons un peu la même coiffure (rire).

Est-ce à dire que vous proposez un récital de facture classique ?
Non, bien sûr ! Mon personnage, petit candidat à la présidence de la chanson « poélitique », se prépare à son premier meeting. Il répète son discours et débute par une anaphore, comme un certain candidat aux dernières élections présidentielles : « Moi, président, je chanterai les vieux. Moi, président, je louangerai les femmes, je chanterai Paris, les banlieues, les miséreux, les indignés, les indécis, les victimes de l'Histoire, la mort, les artistes et les poètes », et ajoute : « Ces promesses seront tenues en musique. » J'ai tout réécouté du répertoire de Ferré et de Ferrat pour y choisir des chansons sur ces thèmes. J'en ai intercalé d'autres, de ma composition, qui portent sur ce que j'aime, comme les chemins de fer, ou déteste, comme l'heure d'été... Je les chante, tout en dialoguant parfois avec les deux musiciens présents sur scène, qui jouent du violoncelle, du piano et de l'accordéon. C'est avant tout un hommage sur des thèmes qui restent actuels... même si ce ne sont pas des mots d'aujourd'hui.

Quelle est la tonalité de ce nouveau spectacle ?
Il a plusieurs couleurs : l'humour, bien sûr, parfois coquin, mais aussi l'amour, avec des passages très émouvants, car ce sont de grands poètes !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 26/07/2013

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