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© Bruno Perroud


Sébastien Castro en solo
Son jeu flegmatique et distancié lui confère un comique irrésistible. Le voici au Petit Palais des Glaces dans "Toutes mes condoléances", one-man-show dont il est l'auteur !
Est-ce votre premier « one » ?
Non, à vingt-deux ans, j'ai, avec une inconscience totale, écrit et joué Dolorès est une fille bourrée de contradictions, qui n'était absolument pas abouti. Puis j'ai découvert le plaisir d'avoir des partenaires et croyais avoir rangé définitivement le solo au placard... tout en ressentant une certaine nostalgie d'écrire et de jouer mes textes.

Est-ce la raison pour laquelle, alors que vous avez la chance de sans cesse jouer, vous remontez seul sur scène ?
En partie. C'est surtout grâce à Pierre Palmade. Dans son Atelier, j'ai repris le goût et la confiance d'écrire. Quand j'ai enfin osé lui faire lire mon texte, il m'a beaucoup encouragé et ses remarques, très constructives, m'ont fait avancer. Grâce à Jean-Pierre Bigard aussi. Sans doute ne le sait-il pas, mais je l'ai un jour entendu dire qu'un acteur de « one » devait être son propre auteur pour convaincre. Je souscris totalement à sa vision. Puis, quand j'ai joué Tout le plaisir est pour nous, il m'a dit sur le ton de la boutade : « Quand fais-tu ton "one" ? » La graine a germé... et me voici dans son théâtre !

Qu'est-ce qui a guidé votre processus d'écriture ?
Le plaisir ! J'ai écrit des choses qui m'amusaient, moi. D'abord des sketchs dans lesquels les personnages réagissaient d'une manière incongrue à des situations ordinaires. Par exemple, un homme découvrant sa femme nue chez son voisin s'excuse de le déranger, puis lui parle de la prochaine assemblée de copropriétaires ! Petit à petit, j'ai ajouté un fil rouge et un personnage récurrent. Le tout se recoupe et finit en clin d'œil au théâtre de boulevard, que j'adore.

Ces personnages « hors cadre » vous ressemblent-ils ?
Étonnamment, moi, doux et gentil, j'ai inclus une certaine violence, à ma manière, distanciée, flegmatique et, j'espère, élégante. Cela dit, la nuit, en dormant, je règle mes comptes... je ne frappe pas mais j'insulte ! Alors, oui, il y a de moi en eux... une partie seulement... sinon, je devrais aller consulter d'urgence !

Pourquoi et comment avez-vous travaillé avec Emmanuelle Tachoires ?
Par évidence. Nous nous sommes rencontrés il y a quinze ans au cours Périmony. Elle me connaît par cœur. Comme moi, elle est atteinte de « perfectionnite aiguë ». Elle a assisté à presque toutes mes premières représentations en tournée. Heureusement, car, malgré les répétitions, aussi nombreuses soient-elles, le « one » se règle uniquement en présence de son seul partenaire, le public. Tout autre m'aurait envoyé bouler, pas Emmanuelle. J'ai ainsi pu aller jusqu'au bout de ce que je voulais, et je continue à l'appeler dix fois par jour... Du coup, son mari ne peut plus me blairer... mais, moi, je suis serein !

Quelque chose à ajouter ?
Oui, on peut aller voir 100 % hétéro sur le Net. Ce sketch de l'Atelier Palmade reflète bien l'esprit de mon spectacle.
Interview par Caroline Fabre
Paru le 04/06/2013

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