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Pierre Deny
© Bruno Perroud


C’est pas la fin du monde
Un peu de gravité, beaucoup de légèreté
C'est à la Manufacture des Abbesses, que Carlotta Clerici, dont on se rappelle le succès de "Ce soir j'ovule", nous propose sa dernière création, "C'est pas la fin du monde". Entre crise de la quarantaine et crise financière, deux de ses interprètes, Sophie Vonlanthen - codirectrice du théâtre - et Pierre Deny, nous parlent de cette comédie dramatique.
Quelle fut votre première réaction à la lecture de la pièce ? Vos impressions ? Qu'est-ce qui vous a donné envie d'être dans ce projet ?
Sophie : Je suis le travail de Carlotta depuis sa pièce L'Envol. J'ai toujours été impressionnée par son travail, à la fois d'une grande clarté et très complexe, au plus près des sentiments, dans toutes leurs contradictions.
Pierre : Oui, elle parvient toujours à mettre le doigt où ça fait mal avec une grande finesse, si bien qu'une scène peut vous mettre une boule dans la gorge et vous faire éclater de rire quelques répliques plus loin. Quand on lit ses pièces, on a tout de suite envie d'en jouer les personnages, elle a énormément d'amour pour eux et décrit leurs travers sans les épargner, mais avec beaucoup d'humanité et d'humour.

On est donc dans la vraie « comédie dramatique » ?
Pierre : Indéniablement. Le ton est léger, les mésaventures des personnages et leurs contradictions sont regardées avec beaucoup d'humour. Les quatre personnages traversent des épreuves - que beaucoup de gens partagent aujourd'hui : ruptures, faillite, règlement de comptes en famille... Or, sans vouloir amoindrir la gravité de tels événements, l'auteur nous dit qu'on peut réagir, se retrousser les manches, faire confiance à la vie et recommencer, en changeant ce qui ne va pas. Cette pièce veut, en quelque sorte, exhorter les gens à ne pas se laisser aller, à ne pas se complaire dans la souffrance. Peut-être aussi à regarder leurs drames privés dans une perspective plus ample, ne pas oublier l'Histoire, et les bouleversements que le monde actuel est en train de vivre.

Sophie, après Chute d'une nation et Puissants et miséreux, la Manufacture des Abbesses semble affirmer son envie de programmer des pièces à caractère social, sur nos sociétés et notre époque ?
Sophie : Absolument ! Programmer des créations, proposer un théâtre d'aujourd'hui qui nous parle de nous, de la société dans laquelle nous vivons, c'est la raison d'être de la Manufacture. Par passion d'abord, parce que c'est le théâtre que j'aime et que j'ai envie de partager avec le public, et puis je trouve aussi important pour une petite salle à Paris, où elles sont nombreuses, d'avoir une raison d'être: proposer des pièces qui ne peuvent pas forcément être créées ailleurs, permettre aux auteurs vivants et metteurs en scène de prendre des risques et de travailler en toute liberté.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 20/04/2013

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