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Bruno Perroud


«La croisade s’amuse» de Rachida Khalil
Au théâtre du Petit Montparnasse
"Sept tableaux, quelques respirations, un peu de poésie, un peu de glamour et beaucoup d'humour" : dans "La croisade s'amuse", Rachida Khalil pointe du doigt les contradictions et les travers de la société française. Après "La Vie rêvée de Fatna" en 2004, "L'Odyssée de ta race" en 2010 et "Une si belle époque" en 2010, l'auteure et comédienne revient au théâtre avec une "peinture au vitriol de notre époque".
Quel regard portez-vous, à travers ce spectacle, sur la société française d'aujourd'hui ?
C'est un regard empreint de blessures sur une France affaiblie par son étiolement. À travers ce spectacle, j'ai voulu justement mettre en perspective, de façon détournée, ce malaise. J'utilise essentiellement le rire comme une pompe à incendie, la poésie pour continuer à rêver, la danse pour libérer le corps entravé par le jeu des critères sociaux.

En quelques mots, quelle est la trame de cette nouvelle création ?
La croisade s'amuse parle de l'identité, de sa revendication légitime et, en même temps, si archaïque. J'aimerais un jour voir la notion de « territoire national » remplacée par celle de « patrimoine de l'humanité ». Mais, là, je sais que je suis une dangereuse utopiste...

La croisade s'amuse est-il un spectacle de dénonciation ?
Non, ce spectacle n'a aucune vocation à dénoncer -?terme que je trouve, par ailleurs, abject. Sa seule prétention, et ce n'est déjà pas mal, est de nous mettre face à notre bêtise, nous autres, êtres humains en plein cheminement.

Vous déclarez que ce spectacle possède plusieurs niveaux de lecture. Quels sont-ils ?
Je détourne tellement les personnages et les situations du texte qu'il ne faut, en effet, surtout pas prendre quoi que ce soit au premier degré. Je suis toujours effarée par les
réactions de certains spectateurs... Je dois, parfois, presque me justifier de certains passages, de certains propos. Il faut savoir raison garder?: La croisade s'amuse est un spectacle, pas une tribune politique !

De quel style d'humour vous sentez-vous la plus proche ?
J'aime la vieille école de l'humour?: les Pierre Desproges, les Coluche, les Guy Bedos, les Fernand Raynaud... Le dernier humoriste que j'aimais beaucoup était élie Kakou. C'était un vrai clown triste.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 15/03/2013

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