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© Manuelle Toussaint


Instants critiques
Joutes verbales, endiablées et enflammées
Dans les années 1960 et 1970, Jean-Louis Bory, écrivain et critique cinéma au Nouvel Observateur, et Georges Charensol, critique cinéma aux Nouvelles Littéraires, s'illustrèrent dans Le Masque et la Plume, émission de France Inter créée en 1955, en confrontant leurs points de vue sur les films d'alors.
Ces passionnés de cinéma s'y amusaient autant qu'ils divertissaient les auditeurs par leur verve, leur humour... et leur mauvaise foi. Ils avaient même, au fil des émissions, fait en sorte de théâtraliser leurs interventions. François Morel a eu la (bonne) idée d'en faire un spectacle qu'il signe et met en scène.

Deux de ses complices issus des Deschiens, les subtils et irrésistibles Olivier Saladin et Olivier Broche, sont sur scène aux côtés de la gracieuse Lucrèce Sassella, pianiste et chanteuse à la voix sidérante. Ils se délectent des mots et cabotinages de Bory et de Charensol, que l'on voit parfois dire exactement l'inverse de ce qu'ils ont ressenti au visionnage d'un film, juste pour le plaisir de batailler ensemble et d'accabler leur « adversaire », en s'attendant mutuellement au tournant.

Mais ce sont surtout deux générations qui s'affrontent (vingt ans les séparent) autour de deux types de réalisateurs, car en cette période particulière arrivaient Godard, Rohmer et des chefs-d'œuvre signés Pasolini ou Ferreri alors que de Funès faisait rire à l'ancienne. Je ne vous le cacherai pas, les références foisonnent et, si l'on n'est pas un cinéphile averti, on perdra de la subtilité du spectacle (il y a parfois des allusions visuelles à des scènes marquantes des films cités.

Aussi, je vous engage à voir le petit film diffusé dans l'entrée du théâtre à la fin du spectacle pour profiter au mieux de ce que vous aurez vu). Pour autant, chacun jouira sans retenue de l'essence de cette pièce, où la langue est riche, l'esprit vif, le verbe acéré et l'ego... surdimensionné. Un régal !
Zoom par Caroline Fabre
Paru le 14/04/2013

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