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Anne-Marie Lazarini
© Bruno Perroud


Ravel
À l’Artistic Athévains
Anne-Marie Lazarini propose une adaptation du roman de Jean Échenoz consacré aux dix dernières années de la vie du compositeur, ici incarné par Michel Ouimet.
Anne-Marie Lazarini
Pour quelles raisons ce roman a-t-il retenu votre attention ?
En lisant l'incipit - « On s'en veut quelquefois de sortir de son bain... » -, j'ai éprouvé une irrésistible envie de monter cette histoire, qui commençait en faisant sortir Ravel de sa baignoire ! J'ai vraiment rencontré l'homme grâce à Jean Échenoz. Mais je ne pouvais concevoir ce projet sans Andy Emler, qui lui a donné sa dimension musicale et m'a permis de redécouvrir son œuvre : maintenant je sais tout de lui... ou presque !

Qu'apprenons-nous de Ravel ?
Échenoz le saisit au moment de sa tournée triomphale aux États-Unis et le suit jusqu'à sa mort, mettant en lumière toutes les contradictions de ce personnage si célèbre et si seul. Il est le dandy fêté par le Tout-Paris, l'amateur de jazz pris dans le tourbillon des mondanités, mais aussi l'être opaque, solitaire, qui perd peu à peu contact avec la réalité... Le spectacle se déroule dans une sorte d'espace mental imaginé par François Cabanat, parsemé d'objets qui sont autant de petits fils reliant les différents moments de sa vie : une représentation quasi cubiste des années 1930 évoquées en toute liberté, jusque dans les costumes de Dominique Bourde.

Pour quelles raisons Michel Ouimet vous est-il apparu comme le Ravel idéal ?
Michel Ouimet est un acteur élégant, porteur d'une ironie douce. Il s'est imposé pour ce rôle. C'est aussi la suite d'une longue complicité entre nous. Autour de lui : Coco Felgeirolles, Marc Schapira et un pianiste, car la musique devait être présente et vivante.


Michel Ouimet est Ravel

« Anne-Marie Lazarini m'a demandé de jouer Ravel après avoir fait l'adaptation de ce roman que j'avais lu en 2006 à sa parution, étant un lecteur régulier d'Échenoz. J'étais ravi d'être associé à une création d'un auteur que j'admire et de retrouver Anne-Marie Lazarini avec qui j'avais travaillé sur des pièces de Gorki, Tchekhov, Brecht, Vinaver... Quant à Ravel, je connaissais surtout sa musique de chambre depuis mon adolescence au Québec, mais je savais peu de chose de sa vie. J'avais visité sa maison à Montfort-l'Amaury il y a une quinzaine d'années. Cet endroit, resté quasi en l'état depuis sa mort, m'avait fait grande impression. Nous y sommes d'ailleurs retournés avec la troupe. Je me suis depuis documenté sur le musicien : sa personnalité demeure assez étrange ; on sait qu'il cultivait une certaine distance avec les autres et se réservait à un petit cercle d'amis... Ce qui m'intéresse, c'est de rendre compte du mystère de la création, des liens possibles entre le caractère et l'œuvre, et de le faire en étant au cœur de l'écriture d'Échenoz, car c'est de son Ravel qu'il est question dans le spectacle : une sorte de rêverie d'un musicien disparu il y a environ soixante-dix ans, vu par un écrivain contemporain au style aigu et plein d'humour. »
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 18/04/2013

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