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© Bruno Perroud


Grand Guignol
Au Théâtre 13
Avec la complicité d'Isabelle Siou, Frédéric Jessua revisite trois pièces du répertoire Grand Guignol, « l'ancêtre artisanal, cruel et câlin du film d'horreur », qui connut son âge d'or pendant les Années folles.

Pour quelles raisons le genre Grand Guignol s'est-il éteint après 1962 ?
On dit souvent que le cinéma et la télévision ont rendu désuet ce théâtre d'épouvante. Je crois plutôt qu'il s'est essouflé après la Seconde Guerre mondiale car il ne correspondait plus aux attentes du public. Ceux qui l'avaient porté à son apogée avaient par ailleurs disparu. Sa spécificité est son traitement des peurs enfantines qui s'amplifient avec le temps : la peur de l'autre, des fantômes, des aiguilles, du sang, des médecins, des professeurs, des femmes... C'est un théâtre à la fois sensationnel, divertissant, étonnant (car on ne peut en soupçonner l'issue) et concentré puisqu'une intrigue se déroule en un acte et demi.

Vos adaptations de L'Amant de la morte, du Baiser de sang et des Détraquées s'inscrivent-elles dans la tradition du genre ?
Je me suis donné comme objectif de rester fidèle aux textes en mesurant l'écart qui nous sépare de l'époque à laquelle ils ont été écrits (l'entre-deux-guerres). On est face aux mêmes contraintes techniques que chez Feydeau. Les pièces traitent de sujets forts et dérangeants comme l'au-delà, mais l'humour reste toujours présent, ce qui rend la position du spectateur très ambiguë ! On pourrait parler de poésie de la peur. Tout en ayant des univers et des thèmes différents, ces trois pièces sont complémentaires et leur enchaînement permet une progression des sensations chez le spectateur. La première est fantastique, la deuxième, sanglante et la dernière traite de perversion.
Zoom par Alain Bugnard
Paru le 24/03/2013

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