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D.R.


Le Bal des crapules
Petit massacre entre amis
Corinne Boijols, à qui l'on doit déjà "Mafia et sentiments" ou "Gros mensonges", nous présente sa dernière mise en scène : "Le Bal des crapules", au théâtre Mélo d'Amélie. Avec Marie Lanchas, une de ses comédiennes, elle nous
Parlons déjà de la pièce et de son humour caustique.
Corinne : C'est la troisième pièce de Luc Chaumar que je mets en scène et je suis assez fière d'avoir trouvé cet auteur talentueux sur ma route. Je l'ai découvert par hasard et je suis émerveillée à chaque nouvelle pièce que je lis de lui. Il a un style d'humour très à lui, un peu british, qui sait manier la logique des quiproquos, avec cette pointe de burlesque parfois et de férocité toujours. Ce que j'aime dans l'écriture de Luc Chaumar, c'est sa façon de mener le spectateur en bateau, et sans se prendre au sérieux. Le Bal des crapules est, selon moi, sa pièce la plus poussée, avec un humour à l'anglaise qui flirte avec l'absurde et la cruauté. C'est un jeu de massacre drôle et viscéral à la fois.
Marie : Oui, c'est drôle mais aussi « affreux, sale et méchant ». Mais c'est une comédie qui fait ressortir les travers humains - la mauvaise foi, l'égoïsme, l'avidité - et, du coup, le spectateur s'identifie facilement aux personnages, qui sont des gens normaux, pendant une soirée entre voisins, dont le point de départ et de se mettre d'accord pour tenter de virer les occupants du dessus. Ils sont monstrueux et ils s'assument comme tels, et c'est ça qui plaît ! Puis, au fil de la soirée, d'autres choses arrivent et on passe du complot au combat à mort.

L'une comme l'autre, votre parcours s'inscrit dans une veine de théâtre comique.
Marie : J'ai exploré plusieurs registres, mais c'est vrai que, moi aussi, la discipline de l'humour m'excite. La critique et l'analyse de l'humain me plaisent plus à jouer à travers le comique que le dramatique. J'aime aussi les ressorts comiques dans le jeu - par exemple pour cette pièce, où nous sommes quatre, il y a un clown blanc, le sérieux et grave, pour trois augustes fantaisistes. On a chacun un registre très différent, qui crée un équilibre, une symbiose. Dans le drame, c'est différent.
Corinne : Oui, le théâtre Mélo d'Amélie excelle dans la comédie depuis des années - je veux juste rappeler que c'est un lieu d'exception et un des rares petits théâtres qui osent produire et soutenir dans ce registre. Pour ma part, l'humour englobe beaucoup de styles à explorer : du boulevard à la pièce plus subtile, j'aime autant Art de Yasmina Reza, que je considère comme une pièce extraordinaire, que La Cage aux folles ou du café-théâtre. Je respecte cette discipline qui, selon moi, est l'une des plus difficiles et exigeantes. Lors de stages et de formations professionnelles dans le perfectionnement comique, je travaille sur la mécanique du rire -pourquoi on rit ? Comment faire rire ? Par le texte, le jeu, le geste même?- c'est très intéressant. L'un des éléments fondamentaux de l'humour, c'est le processus d'identification, où on explore notre nature profonde et souvent nos défauts, comme les sept péchés capitaux et, en ça, le travail de l'humour est avant tout un travail sur l'humain.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 20/03/2013

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