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Virginie Lemoine
D.R.


Brigitte, directeur d’agence
Une comédie de genre(s)
Après "Une diva à Sarcelles", qui avait fait salle comble à Paris et en tournée, Virginie Lemoine nous propose sa seconde création, "Brigitte, directeur d'agence", au Vingtième Théâtre, avec dans le rôle-titre Darius Kehtari.
Virginie, c'est donc le deuxième spectacle que vous écrivez et mettez en scène...
Virginie : La deuxième création, cette fois non musicale. Quand j'écris une pièce, c'est souvent inspiré par une personne de mon entourage, car je réfléchis beaucoup sur la nature humaine. En fait, je suis passionnée par ce qui nous fait et nous différencie les uns les autres. Pour la Diva, c'est parti d'une amie, là, pour Brigitte, ça vient de deux personnes. Il y a à la fois Darius, que je connais comme comédien et qui m'avait fasciné quand je l'avais vu jouer en femme dans une pièce, et aussi un transsexuel, rencontré dans mon travail de recherche - car j'aime beaucoup le travail de recherche que requiert l'écriture. Je n'ai gardé que le besoin, l'envie de changer de genre, sans y mêler de sexualité, et surtout le jugement hâtif et le regard de l'entourage d'un homme qui ressent le besoin de s'habiller en femme. Damien est donc un père de famille, agent immobilier, qui, dès qu'il est stressé, ressent le besoin d'être une femme, Brigitte, et là il va l'être puisqu'il va faire face à un contrôleur fiscal des plus difficiles et tenaces.
Darius : Et c'est là toute la force de cette pièce. Il y a une sensibilité de fond, une vérité toute simple. Il pourrait aussi bien avoir besoin de faire du sport ou autre chose, mais non, lui, il a juste besoin de se travestir pour échapper à son stress. C'est amené de façon tellement naturelle que son écriture et cette histoire ont quelque chose de tout à fait universel. Virginie a une écriture très « humaniste », on n'est pas du tout dans le boulevard. Il n'y a pas de quiproquo : quand il veut être femme, il se travestit et tout son entourage le sait. C'est assumé. J'ai moi-même travaillé sur ma part féminine simplement, sans grossir le trait. Il n'y a pas de caricature, ni de porte qui claque -on n'est pas dans La Cage aux folles. Ce n'est pas un personnage extravagant, il y a une ivresse dans cette transgression qui l'apaise et une forme de détresse -c'est cet aspect humain qui est exploré, pas la surface.

Il y a aussi une forme de suspense ?
Virginie : Oui, le contrôle fiscal, qui est très important. Là encore, j'ai fait beaucoup de recherches auprès d'une ancienne contrôleuse du fisc ; du coup, tout en prenant en considération les progressions dramatiques, l'ensemble reste réaliste. À travers ce contrôle, c'est toute la nature humaine qui est mise à nu, et puis il y a l'affrontement de ces deux hommes, qui se découvrent petit à petit.
Darius : Je pense que beaucoup de gens vont être surpris. L'écriture de Virginie, ici, est tout en tendresse. C'est une pièce sur la différence, sur la considération de l'autre, de ces deux personnages qui se font face aussi. C'est féroce, humain et drôle.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 18/01/2013

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