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© Théâtre du Palais Royal


Jamais deux sans trois
Comédie schizophrénique
Jean Franco, qui était déjà coauteur de "Panique au ministère", revient avec une nouvelle comédie, "Jamais deux sans trois", au Théâtre du Palais-Royal, avec en tête d'affiche Liane Foly, qui y joue trois rôles - rien que ça !
Jean Franco, revenons sur votre parcours.
à la base, je suis comédien, j'ai très vite ressenti le besoin d'écrire pour « créer » des pièces. Il y a six ans, la comédie Elle nous enterrera tous, avec Marthe Villalonga, m'a réellement lancé en tant qu'auteur. Après, je n'écris pas que des comédies, on m'a commandé aussi des pièces plus sombres. En même temps, écrire du boulevard, c'est plus compliqué qu'il n'y paraît. Il y a un sens du rythme, une exigence dans l'humour. Et certaines de mes pièces, comme Panique au ministère, je les ai écrites à deux.

Oui, avec Guillaume Mélanie, vous êtes un peu les nouveaux Barillet-Grédy ?
Je nous souhaite leur carrière ! On s'est rencontrés au café-théâtre, on faisait chacun un spectacle de sketchs et nos écritures réciproques nous ont séduits réciproquement. Depuis, on ne se quitte plus et on est devenus une sorte d'hydre à deux têtes. Ce que j'aime dans la coécriture, c'est que tu as un public immédiat : si ton idée ou ta vanne ne fait pas rire l'autre ou que tu dois la justifier, c'est pas la bonne. Il y a un retour instantané. On pose toujours l'histoire avant de s'attaquer aux dialogues. On se répartit vraiment les tâches à égalité, même si, moi, je suis souvent plus dans la construction de la trame et Guillaume a parfois plus le sens du dialogue.

Jamais deux sans trois est aussi une commande ?
Non, c'est une pièce que j'ai écrite il y a sept ans et que j'avais mise de côté. J'ai joué Le Technicien au Théâtre du Palais-Royal et rencontré alors Francis Nani, qui me demandait un boulevard. Je lui ai proposé cette pièce, qu'il a voulu monter de suite malgré l'exigence qu'elle réclame : deux décors et surtout une comédienne qui puisse jouer trois rôles. C'est lui qui a voulu Liane Foly, choix que j'ai validé immédiatement. Ses spectacles d'imitation suffisaient à nous prouver que c'est une vraie bête de scène et qu'elle sait passer d'un personnage à un autre. Après, savoir que c'est Jean-Luc Moreau à la mise en scène et qu'en plus Guillaume et moi faisions partie de la distribution : c'est un vrai bonheur !

Liane, on vous retrouve ici dans trois rôles...
Oui, c'est aussi ce qui m'a plu : jouer à la fois une bourgeoise coincée et dure, sa sœur jumelle, une vraie goualeuse, et son sosie, une femme de chambre débile et naïve. On m'avait déjà proposé des pièces, mais je n'ai jamais été surprise, ni réellement intéressée. Là, j'ai flashé. J'aurais joué La Folle Parenthèse et La Folle part en cure, pendant cinq ans et, pour moi, cette pièce est un aboutissement. Je passe du one-woman-show d'imitation à une vraie comédie où je dois jouer trois rôles, mais qui ne sont pas des imitations. Ce sont des créations de personnage et là où je suis heureuse, c'est que j'apprends encore et tellement avec Jean-Luc Moreau, mais aussi avec ces cinq comédiens de grand talent.

Pourtant, beaucoup, avant, ne voyaient que la chanteuse et vous défendaient de passer à la comédie.
C'est vrai. Mais j'ai eu beaucoup de chance et une facilité incroyable à passer de ma carrière de chanteuse à celle aujourd'hui de comédienne. J'ai commencé chez Virgin, avec un style musical jazzy, un peu atypique dans le milieu de la variété de l'époque, j'ai eu la chance d'être très vite populaire. Cette popularité m'a permis de continuer en faisant toujours ce que j'ai voulu faire. Je savais depuis longtemps que je voulais faire rire, je faisais déjà des intermèdes entre mes chansons en concert, pareil quand on faisait Les Enfoirés. Pour moi, c'est naturel. J'ai une admiration sans faille pour Julie Andrews, car c'est une femme qui chantait, jouait, passant de la comédie musicale au jazz, du cinéma à la scène - j'adorerais jouer Victor Victoria.

Et la musique ?
Je l'ai volontairement mise de côté pour le moment, parce que, un album, ce n'est pas anodin, vous savez. Ça se construit, il faut des bijoux, le travailler. J'ai des idées, certaines chansons même, je reviendrai avec quelque chose de plus jazz, c'est sûr. Mais, maintenant, c'est le théâtre ; chaque chose en son temps. J'aurais été frustrée de ne pas faire ce que je fais aujourd'hui.

Vous avez toujours eu ce désir du théâtre ?
Oui, déjà petite, je faisais du théâtre. Mais je ne cloisonne pas la chanson, le théâtre, pour moi, c'est un tout. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir des parents qui, très tôt, nous emmenaient voir des spectacles, au cinéma, nous poussaient à faire de la musique, j'ai fait du chant lyrique et moderne, du piano, j'ai fait vingt ans de danse - classique, modern jazz, majorette, claquettes... Du coup, j'ai pris le plaisir d'être sur les planches, la scène, sentir le public, avec les gens... c'est mon cinquième élément.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 16/02/2013

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