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Bruno Perroud


Alexis Michalik
un porteur d’histoire
Après "Roméo et Juliette" et "La Mégère à peu près apprivoisée", Alexis Michalik était revenu à une forme de théâtre plus traditionnel comme comédien avec "Les Fleurs gelées" au Théâtre 13. C'est dans ce même théâtre qu'il nous propose aujourd'hui une création originale et singulière : "Le Porteur d'histoire".
Quel est le point de départ, l'inspiration première en tant qu'auteur ?
Je ressentais le besoin, comme le héros de cette pièce, d'être un raconteur d'histoires. « Auteur » est inexact, car j'ai écrit en interaction avec mes comédiens ; le mot « création » y prend tout son sens. Il y a trois ans, plein hiver dans les Vosges, en tournage. Isolé, un village perdu dans la forêt, du temps à tuer, je visite le cimetière local. Face à une très vieille tombe abandonnée, le nom presque effacé, mon imaginaire divague : un fils face au cercueil de son père, s'apercevant qu'il n'y a ni corps, ni cendres, ni ossements, mais un carnet — une histoire prenait vie. C'est à l'invitation de Benjamin Bellecour de créer une forme originale et courte pour un festival que ce récit s'est concrétisé au théâtre et, au vu des réactions enthousiastes du public, j'ai décidé d'en faire une forme longue.

Tout commence par la mort d'un père, c'est une quête en quelque sorte ?

C'est une quête, mais aussi une enquête. La narration n'est pas linéaire ici, mais multidimensionnelle, comme le font déjà Mouawad, Mnouchkine ou McBurney. Plusieurs histoires s'entrecroisent. On part d'un fait divers, une anecdote, et on commence à suivre plusieurs pistes, comme les branches d'un arbre qui finissent par former un tout, un feuillage. Vous savez, le récit est une force sans précédent, puisque, en racontant des histoires, sitôt qu'il a trouvé un auditoire pour y croire, l'homme a créé des religions, des superstitions, des légendes et des mythes, ainsi il s'est créé, justement, une histoire. De ce fait, il s'est trouvé une identité, il s'est donc inventé. Toute l'humanité se trouve résumée là. Sans histoires, notre vie n'aurait aucun fondement, aucun passé, aucun sens.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 12/09/2012

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