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© Milo Lee


Nini
Une femme libérée dans la France occupée
Ovni dans la programmation estivale, qui privilégie souvent le divertissement léger, ce spectacle qui parle de la collaboration dite « passive » trouvera à coup sûr son public en cette rentrée.
Chaque soir, le public du Tire-bouchon acclame Nini. « Première fille verticale de la famille après trois générations de tapineuses », elle est devenue la coqueluche du tout-Paris... en tout bien tout honneur. Aujourd'hui, dans la salle, « la crème de la Wehrmacht » fête l'anniversaire d'un des siens. Nini continue à faire son métier, sans se poser de questions. Pas plus que quand, dans la rue, on les regarde d'une drôle de façon, elle et son amoureux, Hans. Las, à la Libération, elle subira le sort de plus de vingt mille femmes tondues. Avec toute sa gouaille parigote et sa verve colorée par un vocabulaire d'époque, Nini se raconte tout en peignant un portrait fidèle de ce que pouvait être la vie des Parisiens sous l'Occupation, des artistes qui ont continué à travailler sans tenir compte de qui venait les voir, d'autres, juifs ou homosexuels, qui ont dû arrêter leur métier, et enfin l'humiliation des femmes qui avaient eu le malheur de tomber amoureuses d'un Allemand. Sandra Gabriel est Nini. Elle l'incarne superbement. Dans l'écrin chaleureux d'un cabaret, vêtue de beaux costumes sensuels et entre deux images d'archives, elle chante et danse tout en dressant une fresque pittoresque, vivante et pleine d'humour, ce qui n'empêche pas l'émotion de nous submerger aux tout derniers instants du spectacle. Ce rôle lui colle à la peau, comme le texte et la mise en scène signés Gil Galliot. On s'y précipite !
Zoom par Caroline Fabre
Paru le 16/09/2012

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