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©Antoine Muller


Treize à Table
Quand la peur de la superstition amène rires et exaltation
Après la pièce "Le Comique" au théâtre Fontaine, les divertissements télévisuels "Le Grand Restaurant I" et "II" et "Made In Palmade", puis les ateliers mis en place depuis deux ans, Pierre Palmade et Jean Leduc se retrouvent pour "13 à table" au Théâtre Saint-Georges.
Pierre, parlons déjà de l'adaptation de cette pièce : pourquoi ce choix ?
Pierre :
L'idée vient de Jean à la base, qui se sentant plus à l'aise sur scène n'a pas arrêté de me parler de 13 à table...
Jean :
C'est en tournée sur Le Comique, en Belgique exactement, où je m'ennuyais dans ma chambre d'hôtel que je suis allé m'acheter des DVD pour passer le temps et je suis tombé sur celui de la pièce. À force de le visionner, j'étais convaincu de pouvoir jouer ce rôle tenu par Marthe Mercadier : la bourgeoise élégante, de mauvaise foi, excitée, survoltée. Mais qui pourrait l'adapter et surtout la produire ? J'ai conscience que je ne suis pas connu.
Pierre :
Alors, il me tanne pendant des mois. Je rejetais l'idée, car selon moi, il faut créer, il ne faut pas reprendre sans cesse, il y a des auteurs qui ont fait leur temps et d'autres qui sont vivants. Mais je lis la pièce et là tout en la parcourant, j'entends Jean. Je le vois dans ce rôle. Certes, il faut moderniser les propos, Jean étant un homme, le couple devient un couple d'hommes, mais l'homosexualité n'est pas le thème de la pièce, moi je ne suis pas dans la revendication mais dans la banalisation. J'ai beaucoup coupé car c'était très long, on a gagné plus de trente minutes, et puis le texte était daté, à cette époque on faisait des redites, car les spectateurs arrivaient souvent en retard. J'ai donc fait de la chirurgie et j'ai gonflé les seconds rôles pour arriver à une pièce chorale. Je ne voulais pas de one-man-show déguisé. Enfin, j'ai voulu apporter une touche émouvante pour ne pas être juste dans le Boulevard, c'était important selon moi.

Jean, vous venez du monde lyrique, cela est-il bénéfique pour être comédien ?
Jean :
Cela m'apporte une rigueur mais le danger aussi c'est que je mémorise la musicalité de l'intonation, Pierre me dit souvent de revenir à mes enjeux. J'apprends tous les jours. Depuis mes 5 ans, j'ai fait du piano classique et ce pendant dix-sept ans, depuis mes 8 ans, j'ai été soliste à Sainte-Croix-de-Neuilly, j'ai été pris au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, mais il n'y avait pas de prof pour ma voix, haute-contre, donc dehors : ça commençait bien ! Je suis allé alors chez Mireille, j'aimais beaucoup cette femme, sa rigueur et sa dignité. On s'est rencontré là avec Pierre, puis j'ai fait du piano-bar, chanté avec des artistes de talent et un jour, il m'a demandé d'intégrer ses ateliers.
Pierre : Je voulais des natures, des tempéraments, et tous mes comédiens ici sont issus des ateliers. Jean, ce n'est pas lui qui va au personnage mais le personnage qui va à lui. Il est tellement atypique, dans la démesure, avec une préciosité assumée qui va très bien au Boulevard, avec cette voix suraiguë, une autorité qui frise parfois l'hystérie, qu'il est déjà un personnage auquel il faut juste trouver une situation, c'est le propre de cette pièce.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 09/07/2012

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