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© M. Toussaint Starface


Plein la vue
Véronique Genest et Philippe Magnan
Parfumeuse acclamée, aveugle de naissance, Véra vit entourée d'un époux infidèle et d'un père roublard dont elle ignore les trahisons, persuadée d'être maîtresse de sa maisonnée. L'opération miracle qui lui rendra la vue et dont elle gardera dans un premier temps le secret, fera voler en éclats la mauvaise farce dont elle était le dindon... Après "Panique au ministère", la nouvelle création de Jean Franco et Guillaume Mélanie, se révèle une comédie pétillante, truffée de situations saugrenues et hilarantes, réunissant Véronique Genest et Philippe Magnan sous la direction de Jean-Luc Moreau.
Véronique Genest
est Véra

De retour au théâtre après son monologue Madame Butterlight qu'elle avait écrit et mis en scène en 2009, Véronique Genest campe ici une businesswoman loufoque et autoritaire : "On m'a proposé cette pièce alors que je finissais le tournage de trois épisodes de 'Julie Lescaut' : j'ai tellement ri en la lisant que j'ai eu envie de tout plaquer pour commencer les répétitions ! J'aime la tendresse, l'authenticité qui s'en dégagent, et sa conclusion, assez morale, ce qui n'est pas fréquent de nos jours ! C'est aussi pour le rôle de Maurice que j'ai accepté la pièce, car je regarde un projet dans sa globalité : c'est un bonheur d'offrir la repartie à un personnage aussi truculent ! Véra reste un personnage attendu dans mon parcours, mais il n'en demeure pas moins varié : elle aime faire des blagues, charrier les autres, les reprendre, leur envoyer des pics, les surprendre.

Malgré son côté bon enfant, elle est loin d'être douce. Et surtout, elle ne se rend pas compte que le monde dans lequel elle vit n'est pas du tout celui qu'elle imagine ! D'une certaine manière, Véra fait le même parcours que son père : quand elle ouvre les yeux après son opération, elle renaît puisqu'elle redécouvre son environnement de A à Z. L'émerveillement qu'elle éprouve devant chaque chose la fait retomber en enfance : cette capacité d'émerveillement que l'on perd au fil de l'existence pour finir par tout voir en noir... J'ai pris un plaisir immense à jouer mon monologue, mais j'aime aussi les pièces de troupe avec lesquelles il y a un véritable partage et pas de solitude à la fin de la représentation. Je suis très heureuse de pouvoir revenir au théâtre. Même si j'adore tourner, je suis friande de la proximité qu'il offre avec le public.

Il est vrai que je m'en étais un peu éloignée pour élever mon fils. Maintenant qu'il commence à être grand, je vais pouvoir revenir plus souvent sur les planches !"


Philippe Magnan
est Maurice

Récemment à l'affiche du Gai mariage et de nouveau à l'affiche du Théâtre sans animaux de Ribes dès janvier 2013 au Rond-Point, Philippe Magnan éprouve un plaisir certain à se trouver là où on ne l'attend pas : "Je me suis demandé pourquoi Jean-Luc Moreau que je connaissais depuis tant d'années me proposait une idée aussi saugrenue ! Comme je venais de tourner des films sur les ors de la république - le film sur Mitterrand, 'Changer la vie', de Serge Moati, puis la série 'Les Hommes de l'ombre' avec Nathalie Baye où j'étais Premier ministre -, commençait à s'attacher à moi une image de notabilité assise. Il était tentant de casser cette image, d'être ailleurs que derrière un bureau, en descendant, par exemple, des escaliers en talons aiguilles !

Je trouve Momo, le père de Véra, très attendrissant. C'est un grand gamin. Il a vécu sous le joug d'une épouse castratrice, dominatrice qui a claqué dans les bras d'un gigolo - ce qui n'est pas très reluisant ! Il a eu l'impression de renaître à sa mort. L'agent immobilier effacé qu'il était fait sa crise d'adolescence : il s'éclate et essaie de se reconstruire... Maurice est un personnage à la fois sympathique et détestable ! Il n'y a pas de bons et de méchants dans cette pièce : tous les protagonistes sont ambivalents. Véra, par exemple, doit tenir de sa défunte mère, puisque tous aimeraient qu'elle change de caractère !

Maurice est aussi un rôle de ponctuation qui articule les scènes et les personnages entre eux. Ses costumes illustrent la démesure de ses aspirations, que ce soit sa tenue de motard, d'Amy Winehouse ou de rappeur... avec son pantalon à chier dedans ! Je me demande si je ne vais pas garder la tenue d'Amy pour l'exploiter le soir après les représentations. Je ne voulais pas révéler ce goût pour le transformisme, mais Jean-Luc est tellement autoritaire que j'ai été obligé de me soumettre !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 25/06/2012

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