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© Marie Coulonjou


Les Larmes amères de Petra von Kant
mise en scène de Philippe Calvario
Du coup de foudre à la déraison, Rainer Werner Fassbinder raconte la passion d'une femme pour une autre femme. Ce sont "Les Larmes amères de Petra von Kant", pièce mise en scène par Philippe Calvario au théâtre de l'Athénée.
Selon vous, qu'éclaire de la vie et du monde la passion dévorante qui lie Petra von Kant à Karin ?
C'est une pièce sur le désir et ses ravages. Elle nous parle - à tous - des moments où l'on s'aveugle dans une passion, où l'on se laisse aller à cette chose qui nous dévore jusqu'à, parfois, nous plonger dans le malheur.

À travers votre mise en scène, quelle vision de la pièce de Fassbinder souhaitez-vous donner ?

L'axe de cette pièce, c'est avant tout qui l'on choisit pour faire Petra. C'est ça le centre, le cœur qui impulse toute l'énergie au spectacle. Et je dois dire que Maruschka Detmers apporte plus encore que ce à quoi je rêvais pour ce rôle : la force jusqu'aux portes de la folie et la fragilité jusqu'à la brisure extrême. Maruschka est une tragédienne moderne, elle a vraiment quelque chose de Romy Schneider. Elle n'a pas peur du trash et, en même temps, elle est capable de la plus grande distinction. Elle touche la perfection que demande Fassbinder. Car avec lui, il est impossible à l'acteur de tricher.

Vous dites ne pas aimer particulièrement la version cinématographique tirée de cette pièce. En quoi votre spectacle prendra-t-il ses distances avec le film réalisé par Fassbinder ?

C'est vrai, Les Larmes amères de Petra von Kant n'est pas mon film préféré de Fassbinder. Je lui trouve moins de liberté qu'à certains autres. Il joue avec la lenteur, alors que je joue avec la vitalité. Il étire les silences, alors que je les resserre. J'ai toujours pensé à l'univers d'Almodóvar, qui est pourtant loin de son esthétique, mais qui me semble correspondre à cette écriture... Femmes au bord de la crise de nerfs est au bord de notre Petra, je crois.

Quel est l'univers esthétique de ce spectacle ?

J'ai voulu une esthétique qui évoque la féminité. On a pensé aux couleurs des corsets pour choisir la couleur des murs. Des mannequins de femmes confèrent à la représentation un érotisme glacé. Des miroirs sont là pour cacher ce que l'on veut montrer, ou l'inverse...

Que cherchez-vous à explorer de spectacle en spectacle ?

Je travaille par contrastes, par oppositions. Je commence d'ailleurs à me rendre compte que mon univers esthétique est très différent d'une œuvre à l'autre. Certaines personnes ont parfois pu voir dans cela une forme d'incertitude. Je pense, au contraire, qu'il s'agit de ma principale force de metteur en scène. Car si les spectacles que j'ai créés ne se ressemblent pas les uns les autres, c'est donc que j'ai évolué, que je me suis remis en question. Toutes mes mises en scène ont pourtant, je crois, un point commun : la trace du désir, des désirs qui parcourent ma recherche.
Zoom par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 24/05/2012

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