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© Marcel Hartmann
© Marcel Hartmann


Michel Fau
Il ne chante pas, Fau, il joue !
Sarah Bernhardt, Montserrat Caballé ou même la Castafiore : tout ce que les cantatrices ou les actrices mythiques ont de plus démesuré est concentré dans le personnage de Diva incarné par Michel Fau et accompagné au piano par Mathieu El Fassi. Dément et lyrique à la fois, son récital se résume en un seul mot : emphatique.
Les téléspectateurs avaient déjà eu l'occasion de vous découvrir lors de la cérémonie des Molière 2011...
J'avais créé ce personnage pour une revue au théâtre du Rond-Point, mais j'en avais fait un extrait pour cette occasion. Je chantais Quelqu'un m'a dit de Carla Bruni, mais de façon "opératique".

Est-ce une œuvre burlesque et comique ?

C'est à la fois une diva, une cantatrice d'opéra et une tragédienne lyrique qui donne un récital. Elle chante, elle danse, elle dit des textes, elle déclame. C'est un hommage aux tragédiennes, aux cantatrices et aux chanteuses. Avec beaucoup d'affection et de moquerie aussi. Elles ont quelque chose d'extravagant, de culotté, d'audacieux. Mais il y a aussi quelque chose de pathétique parce que les actrices vieillissent et qu'elles n'ont plus les mêmes moyens vocaux ou physiques, malgré tout elles veulent à tout prix chanter ou jouer.

Que va-t-elle interpréter ?

Elle fait entre autres la danse des prêtresses de Samson et Dalila en version classique puis hystérique. Elle interprète Phèdre de quatre manières différentes, de la plus traditionnelle à la plus contemporaine ou encore elle chante de manière très prétentieuse un air de Castor et Pollux de Rameau.

Qu'est-ce qui vous séduit chez ces tragédiennes qui en font des tonnes ?

Leur excès et leur extravagance qu'on ne retrouve plus chez les chanteuses d'aujourd'hui. Avant, il y avait des bêtes de scène, maintenant, toute la folie est gommée. Mais il faut aimer les gens pour s'en moquer de cette manière et je les aime ces actrices.

Ça vous amuse de vous déguiser en femme ?

Le travestissement fait partie de l'histoire du théâtre, ça rejoint la tradition du kabuki où des vieillards interprétaient des rôles de femmes, ou celle du XVIIe siècle lorsque des hommes jouaient des rôles de vieilles femmes, parce que les actrices refusaient ces emplois. On est vraiment dans le lyrisme, dans la théâtralité et la prétention.

Combien de temps vous prend votre préparation ?

Il faut une heure et demie, à cause du corset, de la perruque et du maquillage.

Vous sentez-vous proche de Marianne James, version Ultima Recital ou de Madame Raymonde ?

Je les admire toutes les deux, ce sont des artistes très rares. J'adore ces univers. On pourrait jouer Les Trois Sœurs de Tchekhov ensemble.

On s'amuse et on se cultive en venant vous voir sur scène ?

Oui, on vient écouter des alexandrins de Racine qui sont à la fois déclamés et massacrés !
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 08/06/2012

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