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© Bruno Perroud


Julien Boisselier
Laisser le choix de rire ou de pleurer
Pendant près de vingt ans, ce jeune quadra a enchaîné séries télévisées, films, téléfilms et pièces de théâtre. Alors, le "On s'est déjà vu quelque par, non ?" est devenu "Vous êtes Julien Boisselier, non ?". Il signe aujourd'hui sa première mise en scène. "Même si tu m'aimes", au Théâtre Michel, est une comédie dramatique, un drôle de drame sur le couple et la thérapie conjugale, où s'entremêlent aussi de nombreuses émotions, comme dans la vraie vie.
Julien, avez-vous vraiment fait le tour du monde en voilier ?
Fred Testot, avec qui je tournais un film, m'a appris qu'on pouvait changer des infos sur Wikipédia. On a fait une battle d'intox sur nos bios respectives... et on a tout laissé tel quel !

Et pour le cours Florent et l'Ensatt ?

Ça c'est vrai ! Trois ans chez Florent et deux ans seulement à l'Ensatt, car j'ai eu un engagement avant la fin du cursus. C'est dommage, mais c'est la règle ! Cela dit, j'ai eu là-bas un prof qui compte beaucoup pour moi, Jean-Pierre Bouvier... et je n'ai pas cessé de travailler depuis.

Vous avez régulièrement joué au théâtre, mais vous n'aviez jamais mis en scène. Pourquoi franchir ce pas ?

Comédiens et acteurs sont au service des metteurs en scène. Ils doivent se caler sur leur point de vue, l'exécuter. Je commençais à me dire "tiens, moi je ne ferais pas comme ça" et à avoir envie de donner mon avis. Il y aurait sans doute eu un moment où une forme de frustration serait née. Avant que cela n'arrive, mes amis Mélissa Drigeard et Vincent Juillet m'ont proposé de mettre leur pièce en scène. J'ai accepté car ce texte correspond à ce qui me touche personnellement, sa richesse étant de nous laisser le choix de rire ou de pleurer, dans un registre assez anglo-saxon, où le rire vient du désespoir.

Comment avez-vous travaillé ?

Dans l'optique de rester dans la réalité. Avec les comédiens et tous ceux qui étaient là pour traduire ce que j'avais dans la tête via la lumière, le décor, la musique... Il a fallu trouver le juste équilibre entre ce qu'ils me donnaient et ce que j'avais envie de recevoir, argumenter, répondre aux questions... et rester le patron mais toujours d'un commun accord ! Quant aux auteurs, ce sont mes amis, ils sont intelligents, sensibles et ont un ego placé au bon endroit. J'ai eu le luxe de pouvoir leur demander de réécrire des choses, d'en modifier d'autres. Grâce à toute cette équipe, j'ai uniquement été confronté à des problèmes techniques et jamais à des problèmes humains !

Qu'en avez-vous retiré ?

Aujourd'hui, j'appréhende mieux les problèmes des metteurs en scène, je comprends mieux ce qu'est un acteur et j'ai maintenant conscience de tout le travail accompli avant les répétitions. Résultat, je fais différemment mon métier d'acteur : je suis beaucoup plus ouvert, plus à l'écoute, plus reconnaissant et plus disponible ! Et j'ai envie de recommencer à mettre en scène !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 15/03/2012

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